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Dessin de Pierre Corneloup

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 09:30
ELSA SABADO
VENDREDI, 2 OCTOBRE, 2015
HUMANITÉ DIMANCHE

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L'embourgeoisement de la ville, que redoutait l'ancienne municipalité, est désormais en route. Toute la sociologie audonienne en sera modifiée.
Photo Patrick Nussbaum
 
Hier accueillante pour les plus modestes, Saint-Ouen (93) connaît une vague d'expulsions sans précédent alors que la vie des habitants est de plus en plus dure. Le nouveau maire (UDI) se lance dans la chasse aux pauvres en espérant faire de la population un réservoir d'électeurs de droite.
Il y a un gosse de 13 ans dans cette histoire. C'est pas humain », s'émeut Aimée Caruelle. En cette fin d'après-midi d'août, les grosses gouttes de pluie n'écrasent pas son courroux : Nathalie Rousseau, sa voisine, et son fils ont été expulsés de leur HLM au coeur de l'été. Allocataire du RSA, la quarantenaire a été submergée par une dette de 18 000 euros envers l'OPHLM. « Je la connais depuis qu'elle est toute petite, c'est une figure emblématique de Saint-Ouen. Il y a deux ans, elle avait même fondé une association qui proposait des activités aux jeunes, plutôt qu'ils ne traînent dans la rue en sortant du collège.
 
Elle a été extrêmement choquée lorsqu'elle a vu débarquer dix policiers et deux commissaires pour la mettre dehors », poursuit Aimée, qui a recueilli 155 signatures pour que Nathalie Rousseau obtienne un relogement. « Depuis janvier, 67 personnes ont été expulsées des logements sociaux audoniens. Et en juillet, l'OPHLM a envoyé 147 lettres de relance », indique une source proche du dossier. Cette vague d'expulsions a déferlé à bas bruit : « Le problème, c'est que les gens ont honte, et n'ont recours à la solidarité locale qu'une fois qu'ils sont à la rue. Alors qu'il y a de nombreuses démarches possibles avant l'irréversible », déplore Philippe Germain, représentant de la Confédération nationale du logement (CNL).
 
La violence de ces expulsions est d'autant plus marquante que SaintOuen était jusqu'ici, au plan national, symbole de la possibilité d'une politique sociale du logement. À tel point que l'ancienne maire Front de gauche, Jacqueline Rouillon, s'était vu remettre la Légion d'honneur pour sa politique du logement par Cécile Duflot, alors ministre du Logement. « Nous faisions pression sur les promoteurs pour maintenir le foncier à un prix bas. Cela rendait la propriété accessible pour les cadres moyens, et permettait de construire du logement social moins cher », raconte François Giunta, ancien maire adjoint (PCF) au logement.
 
« Nous prenions chaque année un arrêté anti-expulsions. Il nous est arrivé, avec les forces militantes, de nous opposer physiquement aux expulsions de bailleurs privés, poursuit l'ancien élu. Enfin, nous ven ions en a ide à c eu x qu i n'avaient pas les moyens de payer leurs loyers dans le parc social : soit en négociant des apurements de dettes avec l'OPHLM, soit en trouvant des logements moins chers aux plus démunis. De cette manière, nous assurions une politique de "logement pour tous". » Depuis que William Delannoy, le nouveau maire (UDI), est aux manettes, il mène en matière de nonpaiement des loyers une politique de « tolérance zéro ». « Les plans d'échelonnement de la dette sont intenables pour les foyers fragiles. On leur demande de rembourser 150, 200 euros par mois. Du coup, au premier impayé, cela les met "dedans". Ils reçoivent un courrier dès le premier mois, une relance le second, et le troisième, c'est le Trésor qui les appelle directement », relate un salarié de l'OPHLM.
 
« Nous nous sommes mobilisés tout l'été auprès des expulsés, raconte Frédéric Durand (PCF), président du groupe municipal d'opposition. Nous demandons un moratoire sur les expulsions. On ne peut pas faire une application bête et méchante de la loi et entrer ainsi dans une véritable industrie de l'expulsion. Il faut un accompagnement social, un traitement des situations au cas par cas. » William Delannoy ne se contente pas d'intensifier les expulsions locatives, c'est la politique du logement dans son ensemble qu'il est décidé à bouleverser. L'attribution des logements sociaux s'est elle aussi opacifiée. « Sous l'ancienne maire, le service logement effectuait une présélection des dossiers en fonction de critères objectifs et avec des commissions pluralistes », raconte une ancienne salariée préférant garder l'anonymat. « La nouvelle équipe municipale a purgé cette commission des "éléments gênants" : membres de l'opposition, militants associatifs, etc. Pour les attributions des HLM dépendant de la SEMISO, la société mixte présidée par le maire, qui est le second bailleur de la ville, ce sont les employés du bailleur eux-mêmes qui présentent les dossiers, sans que cela passe par le service logement de la municipalité. Le maire préétablit lui-même l'ordre des candidatures », poursuit-elle.
 
Dernier ­ et peut-être principal ­ volet de la politique du maire, le jeu sur les différents bailleurs sociaux de la ville. Pour l'instant, l'OPHLM dispose d'un parc de 6 000 logements sociaux, contre 1 400 pour la SEMISO. Or, à partir de 2016, l'OPHLM risque de basculer dans le giron du Grand Paris, et de ne plus dépendre des municipalités. « William Delannoy a fait publier des appels d'offres afin de transférer le patrimoine de l'OPHLM vers la SEMISO, d'ici à la fin de l'année », révèle Philippe Germain, qui partage l'idée de maintenir au niveau de la ville la gestion du parc social mais critique la fusion : « D'une, on passe du logement social public au logement social privé. De deux, cela ressemble plutôt à une manoeuvre de concentration des pouvoirs dans les mains d'une seule personne : le maire, qui continuera à présider cette société d'économie mixte », détaille le représentant de la CNL. « De combien d'euros enrichirait-on alors des actionnaires privés ? Comment la cession va-t-elle s'effectuer ? » s'interroge Frédéric Durand. Malgré nos nombreuses relances, la mairie de Saint-Ouen n'a pas daigné répondre à ces questions.
 
Cette politique du logement correspond à des enjeux électoralistes immédiats, mais s'inscrit également dans une dynamique plus globale de gentrification de l'ex« banlieue rouge ». « Jusqu'ici, la municipalité communiste redoutait cette gentrification, qui risquait de modifier la sociologie communale, analyse Laurent Chalard, géographe urbain. William Delannoy, lui, a tout intérêt à faire venir sur sa municipalité des personnes plus aisées, dont il imagine qu'elles auront plus tendance à voter pour lui. Mais c'est un calcul hasardeux : l'électorat de l'UMP et de l'UDI ne souhaite pas habiter dans des communes mixtes socialement. Même les cadres moyens qui viennent aujourd'hui remplacer la population populaire de Saint-Ouen ont un profil politique de gauche. » « William Delannoy craint l'arrivée d'une population bobo à Saint-Ouen, car il considère qu'elle va voter socialiste. Son projet consiste en fait à allier une clientèle populaire et une vraie bourgeoisie pour contrer ce risque », conclut Frédéric Durand.

 

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Published by Collectif Logement CGT
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