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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 08:23
A quelques mois de la fusion obligatoire des petits organismes HLM, comment se préparent les bailleurs sociaux de Haute-Vienne ? 
Quels organismes vont gérer les HLM de Limoges, ici dans le quartier du Val de l'aurence ? © Eric ROGER

 Ajoutée au Journal officiel en novembre dernier, la loi ELAN oblige notamment les organismes HLM qui gèrent moins de 12.000 logements à se regrouper avant le 1er janvier 2021. Les six bailleurs sociaux existants en Haute-Vienne sont tous concernés par ce changement, auquel ils se préparent tous (si ce n’est pas déjà fait). Avec, du côté des dirigeants, une pointe d’optimisme.

C’est un changement qui concerne l’ensemble des acteurs du logement social en Haute-Vienne. Depuis le 24 novembre 2018, et la promulgation de la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), les organismes HLM qui gèrent moins de 12.000 logements ont jusqu’au 1er janvier 2021 pour se regrouper. Les six bailleurs sociaux installés en Haute-Vienne se préparent tous à ce changement, de manière plus ou moins différente. Pour certains, le regroupement a même été anticipé.  

Saint-Junien Habitat (1.250 logements) et Limoges Habitat (13.000 logements)

C’est en septembre 2018 que les deux agences ont décidé de se rapprocher. Les dirigeants ont trouvé le moyen de ne pas faire disparaître leurs sociétés, tout en respectant la loi. « Nous avons crée une 3e entreprise commune, une société anonyme de coordination », explique Cyrille Kervran, directeur général de Saint-Junien Habitat. « Nous étions attaché à ne pas fermer l’agence de Saint-Junien, pour conserver le lien territorial. »

Cette troisième entreprise, dont le nom n’a pas encore été décidé, verra le jour dès le 1er janvier 2020. « Elle va permettre une mutualisation des qualités et des moyens financiers des deux agences », se réjouit Cyrille Kervran. « Chacun va garder son autonomie et son orientation de travail, avec une soutenabilité et une pérennité financière en plus. » Pour les dirigeants, cette nouvelle entreprise sera bénéfique pour le personnel et les locataires. « La mutualisation des moyens offre une meilleure organisation et une meilleure répartition des tâches », poursuit Cyrille Kervran. « Ceci va permettre d’améliorer les services à nos locataires, notamment en matière d’innovations et de réhabilitation. »

Noalis (3.000 logements en Haute-Vienne)

Depuis le 27 mai, Dom’Aulim n’existe plus. La société, dont le siège était basé à Limoges, a en effet fusionné avec l’ancienne société Le Foyer située à Angoulême. La fusion des deux entités a donc été baptisée Noalis, dont le siège est implanté à Limoges. Une agence a également été conservée à Angoulême. Noalis dispose, au total, de 10.000 logements sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.

D’un point de vue juridique, la nouvelle structure correspond à la fusion-absorption de Dom’Aulim par Le Foyer. Cette fusion s’inscrit dans le cadre d’une démarche du groupe Action Logement Immobilier de regrouper ses sociétés filiales, dont Dom’Aulim et Le Foyer faisaient parties. « L’ambition de Noalis est de devenir l’acteur de référence d’Action logement immobilier dans la partie Est de la Nouvelle-Aquitaine », déclarait dans nos colonnes Jean-Luc Leydier-Delavallade, président du conseil d’administration de Noalis.

Concernant l’emploi, les responsables garantissent la création d’une dizaine de postes. « Cette fusion assure une solidité financière durable, avec notamment des économies d’échelle », ajoute Dominique Bats, responsable de la communication à Noalis. « Ce ne peut être que positif, en terme de services, pour les locataires. »

Scalis (1.000 logements en Haute-Vienne)

Le groupe avait anticipé ce regroupement, il y a déjà quatre ans. « On avait déjà constaté que le monde HLM était émietté », se rappelle Alain Chevolleau, directeur général de Scalis. « Il était certain que, tôt ou tard, des économies d’échelle seraient imposées. » 

En juillet 2015, Scalis devient donc une filiale du groupe parisien Polylogis. « Ils ont injecté 12 millions d’euros dans notre capital », précise Alain Chevolleau. « D’un point de vue financier, cela change tout évidemment. Seuls, nous aurions été asséchés pendant quelques années, telle une société qui gère mais qui ne se développe plus. » Cette recapitalisation a permis à Scalis de construire de nouveaux logements - notamment à Limoges - mais aussi de réhabiliter les plus anciens.

Autre avantage à ce regroupement : la mise en commun des services supports, tels que la communication ou l’informatique. « De cette manière, nous avons plus de temps pour nous consacrer aux opérations locales et à l’ancrage territorial. » En outre, deux agences ont été ouvertes, permettant la création d’une quinzaine d’emplois. 

CDC Habitat ( 1.616 logements en Haute-Vienne)

Anciennement Nouveau Logis Centre-Limousin (NLCL), la transformation de la société s’est déroulée en deux temps. En 2018, le groupe SNI auquel appartient NLCL s’est tout d’abord fait rebaptisé CDC Habitat. Et, depuis le 1er janvier dernier, les 13 entreprises sociales pour l’habitat (ESH) appartenant au groupe (dont NLCL) ont fusionné pour ne donner qu’une : CDC Habitat social. Cette dernière, qui dispose d’une agence à Limoges, propose près de 500.000 logements en France. 

Mis en oeuvre jusqu’en 2022, ce plan de transformation s’accompagne surtout d’une réorganisation territoriale. Celui-ci permet aux agences locales de se concentrer un peu plus sur la relation client, tandis que les six nouvelles directions interrégionales appuient les agences en expertise. L’objectif ? Consolider les missions de services aux clients et la gestion de proximité. 

ODHAC 87 (6.000 logements en Haute-Vienne)

Une société privée étudie, jusqu’à l’automne, la faisabilité financière et organisationnelle d’un regroupement de l’ODHAC 87 avec ses homologues limousins (Corrèze Habitat et Creusalis notamment). « Quoi qu’il arrive, il n’y aura pas de fusion », assure Gilles Bégout, président de l’ODHAC 87. « Nous allons créer une société de coordination commune, mais chaque structure restera indépendante. »

Pour ce dernier, cette nouvelle collaboration permettra de « renforcer le maillage et l’aménagement territorial régional ». « Elle va nous offrir une possibilité supplémentaire de répondre aux problématiques d'aménagement du territoire », précise Gilles Bégout, qui est aussi maire de Isle.

Le rapprochement assurera aussi des emplois supplémentaires. « L’organisation va impliquer la naissance d’un nouveau service, lié à la trésorerie », explique Gilles Bégout. « La mutualisation sera également bénéfique pour des échanges d’idées. Cependant, elle ne changera pas grandement le fonctionnement de notre office. Elle sera davantage utile pour les petits offices, qui pourront prendre plus de recul en s’appuyant sur les plus grands. »

Votre commune respecte-t-elle le taux de logements sociaux requis ?

La CGT s'alarme des conséquences de la loi Elan dans le monde des HLM


Dans le cadre d’une réunion annuelle, organisée début juin à Limoges, le collectif national du logement social de la Fédération CGT des services publics s’est inquiété du regroupement prévu par la loi Élan. « Crée pour répondre à un manque à gagner des organismes, cette loi est une catastrophe sociale terrible », s’est plainte Conchita Aguilar, représentante nationale de la Fédération CGT des services publics. « La mutualisation des compétences et des ressources aura forcément un impact sur l’emploi. Les nouveaux organismes ne paieront pas deux personnes différentes présentant les mêmes compétences. Les employeurs vont limiter la casse comme ils peuvent, mais il y aura inévitablement des disparitions d’emploi. »

Pour les représentants de la CGT, cette baisse du personnel entraînera une dégradation des conditions de travail. « Il y aura moins de présence sur le terrain », poursuit Conchita Aguilar. Et donc plus d’éloignement entre bailleurs et locataires. « Les agences de proximité, dans lesquelles les locataires peuvent se déplacer et rencontrer les bailleurs, seront les premières à fermer », prévient de son côté Raphaël Alarcon, représentant haut-viennois du syndicat. « Cela ne va pas aider à l’équilibre social des quartiers. Le logement est un élément essentiel dans le développement personnel et familial. Sans logement, il n’y a plus d’identité.

Le « processus de privatisation » engendré par la loi Élan inquiète également la CGT. « Les investisseurs n’injecteront pas dans un territoire qui ne rapporte pas d’argent », souligne Conchita Aguilar. « Cette marchandisation du logement, et cette course au profit, est d’une logique mortifère. Il ne faut pas gérer un service public comme l’on gère une entreprise. La loi Élan asphyxie le modèle actuel du logement social. Et tout cela au détriment des populations les plus précaires. »

Conchita Aguilar et Raphaël Alarcon estiment qu’il est urgent d’engager un « mouvement de fond ». « Nous devons mobiliser personnels et locataires pour défendre le logement social. » À la CGT, le « combat » commence tout juste.

Thibaud Delafosse

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