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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 06:17
 

 

Réforme du PTZ : «Les grands perdants seront les ménages modestes»

Damien Hereng préside la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles. Face à un marché en forte baisse, il alerte le gouvernement.

 

 « Un couple avec 2 200 euros de revenus et deux enfants sera condamné à rester locataire », affirme Damien Hereng.

 

La maison individuelle a du plomb dans l'aile. En 2018, le nombre de maisons individuelles vendues est tombé à moins de 120 000, contre 135 000 en 2017, soit une chute de 11,3 % en un an. Les professionnels du secteur alertent sur les risques pour l'emploi et appellent le gouvernement à prolonger le prêt à taux zéro au-delà de 2019, sans quoi le marché continuera de s'effriter.

Pourquoi le secteur de la maison individuelle est-il en crise ?

DAMIEN HERENG. Fin 2017, le gouvernement a fait le choix de garder le prêt à taux zéro (PTZ) dans les zones denses comme Paris, Lyon, Marseille ou encore la frontière suisse, tout en le rabotant dans les zones rurales. Ajoutez à cela la suppression de l'APL accession… Le résultat est net : en 2018, les ventes de maisons individuelles ont chuté de 10 à 12 %. Et en 2019, nous anticipons encore une baisse d'au moins 10 % des ventes – en avril, nous en étions déjà à - 7 % en tendance annuelle, que ce soit en maison individuelle stricto sensu ou en lotissement.

Quel sera l'impact sur l'emploi de ces décisions ?

Une maison construite représente 1,8 emploi direct ou indirect. Les 12 000 maisons vendues en moins de 2018 représentent donc, avec un décalage de quelques mois, 21 000 emplois perdus. Et on peut anticiper les mêmes dégâts pour 2019.

Paradoxalement, la demande de maison individuelle reste très forte…

C'est vrai. Les Français ont envie d'espace, de verdure, d'une chambre en plus, de confort. Ils parlent de télétravail… Toutes ces projections passent par LE rêve de se faire bâtir sa maison.

Qui sont les perdants de ces décisions ?

Les gens aisés n'ont pas besoin d'aides pour acheter. Les grands perdants seront donc les ménages modestes, et particulièrement ceux qui résident dans les zones rurales. Un couple avec 2 200 euros de revenus et deux enfants sera condamné à rester locataire. C'est injuste, car ces ménages-là paient autant d'impôts que ceux résidant dans les zones denses, et qui, eux, bénéficient encore du prêt à taux zéro.

Le gouvernement a décidé depuis 2019 d'aider les ménages qui rénovent les maisons des centres-villes, n'est-ce pas une façon de compenser ?Absolument pas : les ménages modestes ont besoin d'avoir un budget encadré, or une rénovation de maison peut révéler des vices cachés (murs non sains, etc.) et se solder par un débord de 30 000 euros parfois. Rénover coûte bien plus cher que construire. Tout cela est d'autant plus aberrant que les maisons individuelles sont bien plus économes en dépenses énergétiques, et que cette décision gouvernementale sur le PTZ coûte de l'argent à l'État !

C'est-à-dire ?

Un PTZ accordé à un foyer gagnant 2 200 euros (avec deux enfants, toujours) dans une zone rurale coûte 8 000 euros à l'État. Or, les seules recettes de TVA liées au chantier de construction lui rapportent… 33 000 euros. Et je ne parle même pas des taxes d'aménagement perçues par les collectivités locales (quelques milliers d'euros par logement). C'est un non-sens économique.

Que demandez-vous au gouvernement ?

Qu'il maintienne au-delà de fin 2019 les aides accordées au titre du prêt à taux zéro, partout en France (NDLR : le gouvernement prévoit, pour l'heure, de l'arrêter dans les zones B2 et C, dès 2020). Et, comme il y a une vraie problématique de l'extension des villes – en moyenne une maison est construite sur un terrain de 900 m2, nous proposons que cette aide soit conditionnée à l'engagement de limiter le terrain à 500 m2. Il est en tout cas temps pour les pouvoirs publics de réagir, car leurs décisions en matière d'immobilier sont profondément injustes : il serait incroyable, après la fronde qu'il a connue depuis novembre dernier, venue des campagnes notamment, que le gouvernement ne revoie pas sa copie.

 

 

PTZ réformé, APL accession supprimée… le rêve de la maison individuelle s’écroule

Depuis 2018, les ventes de maison neuves s’effondrent, notamment dans les zones rurales.

 Le nombre de projets de maisons individuelles est en forte baisse depuis plusieurs mois.

 

Un carré de pelouse pour faire gambader les enfants, des chambres lumineuses, un dressing, un garage voire, quelques grognons nains de jardin… C'est le rêve de toute une vie, une aspiration ancestrale pour des millions de Français : faire construire sa maison ! Les Français n'ont jamais été aussi nombreux à espérer devenir propriétaires d'un logement modelé à leur image.

Au premier trimestre 2019, Maisons Pierre, le troisième constructeur de maisons individuelles, a encore enregistré un bond de 18 % des demandes de projets ! Alors que les taux d'intérêt sont à leur plus bas historique, tous les astres semblent alignés pour ces Français bâtisseurs.

Pourtant, un peu partout sur le territoire, les tractopelles s'arrêtent, les constructeurs mettent la clé sous la porte, les logements ne sortent plus de terre… En 2018, le nombre de maisons individuelles vendues est ainsi tombé à moins de 120 000, contre 135 000 en 2017, soit une chute de 11,3 % en un an.

Le PTZ diminué de moitié dans les zones rurales

Et les professionnels du secteur anticipent une année 2019 tout aussi dure. Fin avril, les régions les plus touchées par ce fléau étaient la Normandie (- 19 % de ventes sur un an), l'Occitanie (-12 %), l'Ile-de-France (-11 %) et Rhône-Alpes (-10 %). « Encore une fois, ce sont surtout les provinciaux qui trinquent », s'étrangle Patrick Vandromme, le PDG d'Hexaôm, le leader du secteur.

Qu'est-ce qui cloche dans nos bourgs ? Les spécialistes pointent les coupes sombres dans deux aides publiques qui soutenaient grandement la construction de maisons. Accordée sous conditions de ressources à plus 30 000 propriétaires modestes chaque année, « l'APL (aide personnalisée au logement) accession », a été purement et simplement supprimée en 2018.

Augmentant, mécaniquement, les traites des futurs propriétaires. Au même moment, le prêt à taux zéro – qui allège la charge d'intérêt d'un emprunt – lui, était rogné de moitié dans les zones C (rurales) et B2 (grosso modo, les villes de moins de 100 000 habitants). « Autant dire que 90 % du territoire est touché », alerte Alexandre Sion de Maisons Pierre.

Les ménages modestes touchés de plein fouet

L'effet cumulé de ces deux mesures ? Un cocktail détonant ! La LCA-FFB, le lobby du secteur, avance un exemple : celui d'une famille à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) (zone C), de cinq enfants, gagnant 2 600 euros par mois. Leur projet (achat du terrain + construction) de 265 000 euros tombe tout bonnement à l'eau. Sans l'APL accession, les mensualités bondissent de 763 euros à 995 euros. Du coup, le taux d'endettement passe de 29 % à 38 %. Or, au-dessus de 33 %, la plupart des banques refusent d'octroyer des prêts

« Beaucoup de personnes modestes sont touchées par la remise en cause de ces aides », constate Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris-Ouest. « Or, dans les territoires ruraux notamment, ces Français n'ont pas accès à des logements sociaux car il y en a trop peu. » Malgré tout, le gouvernement a prévu de poursuivre dans la voie des économies et d'arrêter le prêt à taux zéro dans les zones B2 et C au 1er janvier 2020.« En 2017-2018, le secteur a déjà perdu 48 000 emplois », alerte Patrick Vandromme, qui espère un revirement : « Julien Denormandie, le ministre du Logement, s'est publiquement engagé, en mars dernier, à rouvrir ce dossier. »

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