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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 09:30

VIDEO. "Cash Investigation". A travail égal, salaire inégal

Aline a toujours cru qu’elle gagnait moins que Bernard, à la Caisse d’Epargne Ile-de-France, en raison de son temps partiel. Ils ont accepté de comparer leurs salaires tout au long de leur carrière. Et malgré son ancienneté plus importante, Aline touche moins que son collègue masculin… Un extrait de "Egalité hommes femmes : balance ton salaire", une enquête de Zoé de Bussierre diffusée mardi 19 mai 2020 à 21 heures sur France 2.

 

 

Aline Dupré et Bernard Dantec sont tous les deux standardistes à la Caisse d’Epargne Ile-de-France. Ils se connaissent depuis octobre 1993. A cette date, elle est déjà à son poste et se souvient avoir alors formé son collègue qu’elle pensait au même niveau en termes de diplôme et de compétences. "Non, je pense qu’Aline a un niveau d’études supérieur au mien. Elle a le bac, moi je ne l’ai pas”, rectifie-t-il en présence du magazine "Cash Investigation" (Facebook, Twitter, #cashinvestigati). Plus d'ancienneté, plus de qualifications pour un même emploi. Aline devrait en toute logique être un peu mieux payée que Bernard. Et longtemps, ils ont cru être à égalité en matière de salaire…

A la fin du mois, Aline gagnait moins que Bernard, mais ils ont toujours pensé que c’était parce qu’elle était à temps partiel… "Je disais, oui, c’est normal, tu travailles deux jours de plus que moi. Je travaille trois jours, tu travailles cinq jours. Je n’avais jamais fait le rapprochement de me dire : 'Mais même si je travaillais deux jours de plus, je gagnerais moins que lui'.” Bernard gagne 2 635 euros net par mois. Quant à Aline, même si elle était à temps plein, ne gagnerait que 2 300 euros net par mois. Rapporté au salaire horaire, Aline gagne 2 euros net de moins que Bernard !

“Oh, la vache !” s’exclame la femme devant cette différence de salaire

A quel moment l’écart entre les deux collègues s’est-il creusé ? Le magazine d’investigation présenté par Elise Lucet a établi un comparatif sur toute la carrière des deux collègues à la Caisse d’Epargne Ile-de-France. En vert, la courbe de salaire de Bernard, en orange, celle d’Aline. Le graphique montre que l’homme dépasse la femme en 1997 : "Quand j’ai pris mon second congé maternité en fait", constate-t-elle. Bernard a eu ses enfants en 1992 et 1995. “Ben, elle n’a pas bougé ta courbe à toi… En 1995, tu montes même !” Et en effet, elle grimpe en… 1995 ! “Oh, la vache !” s’exclame la femme devant cette inégalité salariale.

L’écart de 2 euros arrive en 2002 et perdure jusqu’à aujourd’hui, soit dix-sept ans à ce sous-régime salarial ! Un manque à gagner pour Aline estimé à 36 000 euros. “Combien la Caisse d’Epargne, ou des entreprises, ont-elles fait d’économies, sur un travail équivalent de femmes qui vendaient les produits qu’on leur demandait, qui rendaient les dossiers quand on leur demandait, qui ont toujours eu 1, 2, 3, 4, 5 euros de plus, enfin de moins, en règle générale ? Combien les entreprises ont fait d’économies sur ces petites mains ?” interroge-t-elle.

Un extrait de "Egalité hommes femmes : balance ton salaire", une enquête de Zoé de Bussierre diffusée mardi 19 mai 2020 à 21 heures sur France 2. 

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".

Indispensables mais sous payées : les inégalités salariales doivent cesser

PUBLIÉ LE 20 MAI 2020
 
TEMPS DE LECTURE : 4 MIN.
Mardi 19 mai, une enquête de Cash investigation « Egalité Hommes Femmes : balance ton salaire » a été diffusée sur France 2. Cette émission se penche sur deux secteurs celui de la banque et de l’hôpital et fait écho à des luttes syndicales et féministes de grande actualité.

La crise sanitaire a creusé les inégalités, invisibilité les femmes de la parole publique, augmenté les violences intra-familiales, imposé une triple journée principalement aux femmes…et dans le même temps mis en lumière l’utilité sociale des emplois féminisés dans le secteur de la santé, de l’aide à domicile, du nettoyage, du commerce, de l’éducation…

Egalité femmes hommes : toujours un quart en moins !

En France, avec 26 % d’écart selon la DARES, le « quart en moins » est toujours aussi persistant et la loi édictant le principe d’« un salaire égal pour un travail de valeur égal » est toujours inappliquée !

Pourquoi ces inégalités ? Parce que les femmes occupent 80 % des emplois à temps partiels, que leurs carrières sont bloquées, qu’elles perçoivent moins de primes, et que les emplois féminisés sont dévalorisés. A ces inégalités salariales s’ajoutent la charge des tâches domestiques et familiales et les violences sexistes et sexuelles…Un système de domination contre lequel la CGT lutte au quotidien (voir tous ses outils sur egalite-professionnelle.cgt.fr).

La Caisse d’Epargne Ile de France : une action de groupe à l’initiative de la CGT. Dans le secteur bancaire, les inégalités de salaire s’élèvent à 36 %. L’enquête s’intéresse à l’action menée par la CGT à la Caisse d’Epargne Ile de France (CEIDF) pour mettre un terme aux discriminations, avec un salaire de 700 euros en moins pour les femmes. Un écart qui se creuse d’année en année et qui s’élève à 34 % pour les catégories en haut de la hiérarchie. Pourtant, la CEIDF a obtenu une très bonne note à son index égalité salariale…Un exemple représentatif de la situation dans la grande majorité des entreprises françaises. Au-delà de cette action en justice, la CGT exige donc une révision immédiate et en profondeur de l’index égalité salariale qui n’est aujourd’hui qu’un écran de fumée.

Revaloriser les emplois féminisés. L’enquête s’est penchée sur la situation des infirmières qui sont à 86,6 % des femmes. Leur dernière conquête salariale s’est accompagnée d’un sacrifice conséquent : en 2010, les infirmières de l’hôpital public ont dû choisir entre un maintien du droit à la retraite à 57 ans, ou une revalorisation salariale (passage de la catégorie B à A) accompagnée d’un départ à la retraite repoussé à 62 ans (devenu la norme pour les embauches intervenues depuis). Applaudies aux fenêtres pendant la crise, les infirmières sont le symbole de la dévalorisation des métiers à prédominance féminine. Ni la totalité des niveaux de diplômes (notamment des diplômes d’État), ni l’expertise et la technicité, ni le réel degré de responsabilité, ni enfin l’importance des contraintes physiques et nerveuses de ces emplois, ne sont reconnus, au prétexte qu’il s’agirait de compétences « naturelles » pour les femmes (aider, soigner, éduquer, nettoyer, écouter…).

La CGT, à travers une pétition lancée avec des chercheuses et toutes les organisations syndicales de salarié·e·s exige la revalorisation des emplois féminisés !

Pour la CGT, l’égalité entre les femmes et les hommes est plus que jamais une urgence absolue !

L’État doit être exemplaire, en tant qu’employeur, en revalorisant immédiatement les emplois et carrières à prédominance féminine de la fonction publique. Il doit aussi s’engager en tant que financeur des secteurs sanitaires, sociaux, éducatifs et de la dépendance !

Dans le privé, l’Etat doit imposer la renégociation immédiate des classifications des métiers à prédominance féminine pour garantir une revalorisation des grilles et le respect de la loi.

Le gouvernement doit ratifier la Convention n° 189 de l’OIT sur « le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques » afin de garantir leurs droits notamment en matière de temps de travail et de rémunération. Assistantes maternelles, aides à domiciles…ce sont plus de 500 000 femmes qui sont concernées.

Montreuil, le 20 mai 2020

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