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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 19:58

Pourquoi les plus démunis ne sont pas les mieux placés pour avoir accès au logement social

PRECARITE La pénurie de logements sociaux et les loyers trop élevés pour les plus précaires expliquent en partie cette situation

Delphine Bancaud

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Un logement social.
Un logement social. — Pixabay/Hans
  • Les plus pauvres sont freinés dans leur accès au parc social, notamment en raison de l’insuffisance de leurs ressources, car les bailleurs sociaux craignent des impayés de loyers.
  • Le volume de l’offre du parc HLM est aussi en cause, notamment dans les territoires les plus tendus.

Logiquement, les Français les plus pauvres devraient être les premiers à bénéficier d’un logement social. Mais la réalité est tout autre. Si près d’un demandeur de logement social sur deux se situe sous le seuil de pauvreté (soit un million de personnes), force est de constater qu’obtenir les clés d’un HLM relève du parcours du combattant. Car une personne qui touche les minima sociaux a 30 % de chance en moins de trouver un logement social qu’une personne touchant le Smic, souligne un rapport* de six associations caritatives publié ce jeudi.

Et en zone tendue, les chances d’une personne précaire sont encore plus réduites. Car si les pauvres représentent 41 % des demandeurs de logements sociaux, ils ne sont les bénéficiaires que de 35 % des attributions. Et l’absence de mobilité dans ces logements y est encore plus forte que dans les zones sans tension sur le logement. Du coup, des « dizaines de milliers » de ménages restent en attente par « manque de logements sociaux financièrement accessibles », se retrouvant logés chez des tiers, par des marchands de sommeil, dans des hôtels sociaux ou dans des bidonvilles.

Eviter les risques d’impayés de loyers

« Le logement social est assez efficace pour accueillir la classe populaire avec des petits revenus autour du Smic, mais les plus pauvres qui touchent des minimas sociaux, comme par exemple le RSA, ne sont pas prioritaires dans l’attribution des HLM », résume Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé-Pierre.

Une situation qui s’explique par le filtrage par les bailleurs sociaux et les commissions d’attribution des logements sociaux des dossiers des plus précaires. L’insuffisance de leurs ressources fait craindre des impayés de loyers. « Les plus pauvres ont des ressources instables. Soit parce qu’ils enchaînent des contrats précaires, soit parce que leurs prestations sociales sont fluctuantes, soit parce que leurs ressources dépendent du renouvellement de leurs papiers », explique Pauline Portefaix, chercheuse et coordinatrice de l’étude.

Booster les constructions de HLM, un impératif

Mais c’est aussi l’état des lieux du parc social qui explique cette perte de chance pour les plus précaires. D’abord parce que les logements très sociaux n’y sont pas assez nombreux. « Il faudrait passer à 60.000 constructions par an de logements PLAI (attribués aux locataires en situation de grande précarité) au lieu de 40.000 pour pouvoir répondre aux besoins », estime Bernard Devert, président fondateur d’Habitat et Humanisme. « Et certaines familles pauvres sont nombreuses et demandent des grands logements qui sont rares », note aussi Pauline Portefaix.

 

Pour inverser la vapeur, les solutions sont pourtant là. « Il faut d’abord revaloriser les APL (aides personnelles au logement) car elles sont le moyen de solvabiliser les plus précaires », insiste Véronique Fayet, présidente du Secours catholique. D’autant que ces dernières années, les APL ont subi une coupe de 5 euros, des gels successifs… Et qu’elles ne couvrent pas toutes les charges du logement.

Et si on adaptait les loyers aux revenus ?

Autre suggestion ambitieuse pour faire en sorte que les loyers HLM ne soient pas trop élevés pour les plus pauvres : « Adapter le loyer aux ressources du ménage. Et faire compenser le reste par l’Etat ou les collectivités locales », poursuit Véronique Fayet. Pour faire en sorte que les plus précaires soient considérés comme prioritaires, il faut aussi davantage faire appliquer les obligations légales d’attribuer une partie des logements sociaux à ces personnes, estime Bernard Lacharme, président de l’Association Dalo : « Il faut notamment demander que les préfets s’expliquent devant le ministre du Logement quand cette priorité n’est pas respectée ».

Et la crise économique qui s’annonce sonne l’urgence à avancer sur ce dossier : « La baisse de revenus des plus précaires risque de s’amplifier, et avec elle leur difficulté à trouver un logement. Seul un effort collectif des bailleurs sociaux, des élus locaux et du gouvernement pour renforcer la vocation sociale de ce parc pourra changer la donne », conclut Baudouin de Pontcharra, président de Solidarités Nouvelles pour le Logement.

* « Plus on est pauvre, moins on a de chances d’obtenir un logement social ! », rapport interassociatif auxquels ont participé Habitat et Humanisme, le Secours Catholique-Caritas France, la Fondation Abbé-Pierre, ATD Quart Monde, Solidarités Nouvelles pour le Logement et l’Association DALO.

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