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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 21:11

Malgré leur victoire aux élections municipales, les communistes n’ont toujours pas repris la main sur l’Office public de l’habitat de Bobigny, présidé par un élu de l’ex-majorité UDI. La CGT accuse le directeur par intérim de despotisme.

 Bobigny, avril 2020. L’OPH gère 4 000 logements dans la ville-préfecture.

Si les communistes ont bel et bien repris leurs quartiers à l'hôtel de ville de Bobigny, ils tardent par contre à s'emparer de la présidence de l'Office public de l'habitat de la commune. Plus d'un mois après l'élection municipale, c'est toujours Jonathan Berrebi, ancien élu de l'ex-majorité UDI, qui préside l'organisme gérant plus de 4 000 logements sociaux dans la ville-préfecture.

Et les dernières heures au pouvoir de l'ancienne majorité suscite quelques remous. Le 26 juin, deux jours avant le second tour des élections municipales, le conseil d'administration de l'OPH a voté deux délibérations qui n'étaient pourtant pas inscrites à l'ordre du jour.

Accusations de despotisme

Ont ainsi été actés le licenciement de la directrice générale de l'office qui s'était opposée à la mesure d'exonération d'un mois de loyer des locataires durant la crise sanitaire défendue par la municipalité UDI, et son remplacement en intérim par un cadre intermédiaire de l'OPH.

D'après le syndicat CGT, le comité d'entreprise de l'OPH avait pourtant émis, quelques heures seulement avant le conseil d'administration, un avis négatif sur la nomination de cet homme, estimant qu'il n'avait « ni les diplômes, ni les compétences, ni l'ancienneté requise ».

Dans la foulée, le 2 juillet, le préfet de la Seine-Saint-Denis a lui-même déposé deux référés au tribunal administratif de Montreuil contre ces délibérations estimant qu'elles étaient « contraires à la légalité ».

Depuis, le directeur par intérim exercerait un pouvoir « despotique jamais atteint depuis la création de l'office », alerte la CGT dans un communiqué publié le 24 juillet. « Ce monsieur se permet de licencier tout ce qui ne sert pas ses sombres objectifs et de nommer de révérencieux collaborateurs », juge le syndicat.

Un conseil d'administration le 13 août

Il reproche par ailleurs à Jonathan Berrebi « d'entraver le processus de changement de gouvernance » en refusant de convoquer un conseil d'administration pour élire un président issu de la nouvelle majorité municipale, comme c'est le cas après chaque élection.

« Normalement, c'est le président en poste qui convoque le conseil d'administration où doit être élu son successeur. Si le président ne gère pas directement les affaires de l'office, il a un rôle très important, puisqu'il fixe les délibérations à l'ordre du jour des conseils d'administration, donc l'orientation politique, et peut décider de se séparer d'un directeur général », rappelle José Moury, 1er maire adjoint qui vient d'être nommé administrateur de l'OPH par l'établissement public territorial Est Ensemble, auquel est rattaché l'Office de Bobigny.

Il a ainsi été demandé à l'actuel président de l'OPH de convoquer un conseil d'administration, « mais il ne l'a pas fait à cause de problèmes familiaux et n'a plus répondu à nos sollicitations par la suite », souligne José Moury.

Résultat : la majorité devra utiliser un autre outil pour convoquer un CA le 13 août. Selon le code de la construction et de l'habitation, sa convocation « est de droit lorsqu'elle est demandée par le tiers au moins de ses membres ».

Le président de l'office se défend d'entraver l'alternance

En attendant, les communistes ont demandé au directeur général par intérim de ne plus prendre de décision. « On lui a dit de ne plus embaucher, de ne pas vendre d'immeubles, mais visiblement il continue puisqu'il a entamé une procédure de licenciement contre la DRH et aurait vendu un immeuble », énumère José Moury.

De son côté, Jonathan Berrebi se défend d'entraver l'alternance politique à la tête de l'office. « J'ai eu des problèmes familiaux, j'avais autre chose à faire. Et rien ne les empêche de convoquer un conseil d'administration sans moi. Qu'ils se mettent au travail ! », souffle le futur ex-responsable. Le directeur par intérim dit seulement assurer les affaires courantes, se défendant de tout despotisme. « C'est la DRH qui ne voulait pas travailler avec moi, alors j'ai bien dû agir. Comment voulez-vous que j'assure ma mission avec des gens qui ne veulent pas bosser ? »

Un office dans le viseur du « gendarme » des HLM

« Les droits de la DRH ont été bafoués », vilipende de son côté Nadia Giunta, déléguée syndicale CGT de l'OPH qui se demande ce que cache cette passation de pouvoir si compliquée. « Ce qui est sûr, c'est qu'une fois qu'on aura repris la main, on va devoir réaliser un audit sur la gestion de l'office, estime José Moury. Il va falloir étudier de près ce qui a été fait durant ces six ans en termes de passations de marchés publics, d'embauches, de ventes de patrimoine. »

En octobre 2019, un rapport de l'Ancols, le « gendarme » des offices HLM, pointait des irrégularités dans la gestion de l'office qui a eu… six directeurs généraux durant le mandat de l'UDI. Elle soulignait notamment le « non-respect de la réglementation relative à la commande publique. » Et remarquait que le « turnover de l'encadrement » était « source de difficulté chronique et de désorganisation ».

Quelques mois auparavant, en mai 2019, les locaux de l'OPH avaient été perquisitionnés dans le cadre d'une enquête toujours en cours du parquet national financier sur des soupçons de détournements de fonds publics touchant l'ancienne majorité. Soupçons que cette dernière a toujours niés.

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