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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 12:39

Encore une réussite du « logement accompagné »

 

ADOMA CDC-HABITAT ACCOMPAGNE UN VIEILLARD HANDICAPÉ… À LA RUE !

 

Le foyer de travailleurs immigrés Adoma situé 12 passage Gergovie au fond du 14ème jouxtant les lignes de chemin de fer de la Gare Montparnasse loge officiellement, dans des conditions très dégradées, 252 travailleurs immigrés principalement africains. Dans la fiche de présentation de l’établissement, Adoma marque que les résidents bénéficient tous d’un « accompagnement social ». Donc on est dans le « logement accompagné » terme affectionné par le syndicat des gestionnaires de logements foyers, Unafo, pour parler de l’activité de leur « profession ».

On a eu un bel exemple de ce que c’est le logement accompagné cette semaine, mardi 26 août 2020.

Un huissier accompagné des forces de l’ordre se présente devant la porte d’un homme âgé, 67 ans, M. Hamady Diakité, le somme de quitter les lieux et, en exécution d’un jugement d’expulsion, change la serrure de sa chambre, le mettant effectivement à la rue.

L’histoire de M. Diakité est effectivement complexe, mais ne contient rien qu’un assistant social ne puisse démêler avec un peu de patience et d’intérêt. Il est entré officiellement dans le foyer en 2004, époque où il travaillait encore comme maçon de finition. Il a été mis en chômage à la fin du chantier du tunnel Jouy-Rueil en 2009 et n’a pas retrouvé de l’emploi. Lorsque ses droits au chômage ont été épuisés, en 2012 il a commencé à toucher le RSA. Le RSA a été coupé en 2015 parce que la CAF réclamait avec insistance des informations sur les revenus de son ex-épouse dont il a divorcée au Mali en 1984 et dont les traces écrites sont difficiles à obtenir. Donc, cela fait cinq ans que M. Diakité vit sans revenus officiels. Pendant ce temps, il s’est débrouillé par différentes activités dans le foyer à maintenir sa survie, mais cela ne fournissait pas assez d’argent pour payer complètement son loyer, et les dettes se sont accumulées.

Né en 1953, il aurait pu demander sa retraite depuis 2018, mais la CNAV l’informe qu’au regard de son histoire d’emploi très trouée, il aurait droit, en tout et pour tout, à 400€ par mois. Pour atteindre le taux complet, il faudrait qu’il attende 2020. Il décide d’attendre.

Un premier procès en 2016, auquel il assiste accompagné des délégués des foyers et d’une avocate, résulte dans une expulsion suspendue au remboursement selon un échéancier de sa dette. Mais vu ses revenus, les échéances sont impossibles à respecter.

En même temps, les problèmes de santé commencent. Il souffre d’une insuffisance rénale chronique, ce qui provoque la goutte, et est opéré pour une hernie ombilicale en 2019. Il développe des difficultés de mobilité et ne bouge plus que difficilement et avec une canne. En 2020 il est hospitalisé entre 17 et le 24 avril suivi par une convalescence gériatrique jusqu’au 27 mai pour polyarthrite goutteuse dans le contexte COVID, est ré-hospitalisé le 31 mai pour une nouvelle crise de goutte jusqu’au 5 juin. Il est hospitalisé de nouveau le 2 juillet à cause de récidive et impossibilité à tenir la station debout et ressort le 6 juillet.

 

Dans l’ensemble de ce remue-ménage, M. Diakité n’a pas répondu aux sollicitations de la mairie ou de la police qui l’aurait averti de l’imminence d’une expulsion. Il n’a même pas fait relever le contenu de sa boîte aux lettres pendant toutes les périodes où il était à l’hôpital.

En même temps, la « médiation sociale » d’Adoma n’existe plus depuis 2017. Plus aucun assistant social ne tient permanence dans ce foyer depuis ce moment. Les échanges entre Adoma et M. Diakité se résument à des rappels de la dette à régler et des convocations au bureau qu’il ignore.

On peut faire la reproche à M. Diakité qu’il a trop longtemps tenu la stratégie de « faire le dos rond » face aux réclamations et aux sollicitations qui lui ont été fait. Est-ce raison suffisante pour foutre quelqu’un de fragile à la rue ? Au contraire, M. Diakité est le type même de centaines et de milliers d’habitants de foyer qui ont besoin, précisément, d’être accompagnés, pour réclamer et obtenir leurs droits, pour pouvoir exister dignement dans la société.

 

Le Comité de résidents du foyer Gergovie et le Copaf réclament ;

- la réintégration de M. Diakité dans sa chambre et une mise à plat de sa situation vis-à-vis des organismes sociaux (CAF, CNAV etc.) accompagnée d’une assistance sociale digne de ce nom ;

- l’arrêt des expulsions pour dette locative ou pour sur-occupation. D’autres solutions peuvent et doivent être trouvées pour ces problèmes, qui sont symptomatiques d’autre dysfonctionnements plus généraux au niveau de la société, et non pas aux individus. La préfecture ne doit pas prêter son concours à des pratiques aussi manifestement abusives et irrespectueuses de la dignité des personnes.

 

Comité de résidents du foyer Gergovie, Copaf, soutenus par DAL, Droits devant !!, UL CGT 14ème…

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