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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 23:27

Ventes illégales, favoritisme. Des plaintes contre l'ex-maire de Bobigny et l'ex-président de l'OPH

Mardi 13 octobre 2020, le maire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et le président de l'OPH a présenté cinq plaintes déposées par l'OPH contre l'ex-président et l'ancien maire.

Mardi 13 octobre 2020, le maire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et le président de l'OPH a présenté cinq plaintes déposées par l'OPH contre l'ex-président et l'ancien maire.
Mardi 13 octobre 2020, le maire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et le président de l’OPH a présenté cinq plaintes déposées par l’OPH contre l’ex-président et l’ancien maire. (©DG/Actu Seine-Saint-Denis)

Qu’est-ce-qui se cache derrière ce système ? C’est la question laissée en suspens par Mohamed Aissani, président de l’Office public de l’habitat (OPH) de Bobigny (Seine-Saint-Denis), alors qu’il tenait une conférence de presse, mardi 13 octobre 2020, suite aux plaintes déposées à l’encontre de l’ancien maire et d’anciens élus pour leur gestion de l’OPH. L’office HLM de la ville gère près de 4 000 logements. 

 

Depuis lundi 5 octobre 2020, l’OPH a déposé pas moins de cinq plaintes contre notamment l’ancien maire, Stéphane de Paoli, son premier adjoint de l’époque, Christian Bartholmé ainsi que l’ancien président de l’OPH, Jonathan Berrebi au motif de « favoritisme, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, octroi d’avantages injustifiés, faux et usage de faux, escroquerie. »

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« Des dossiers biens pourris »

Derrière ces plaintes, plusieurs affaires qui auraient coûté plusieurs milliers d’euros de pertes à l’OPH et lui faisaient dire jeudi 8 octobre au maire Abdel Sadi (PCF) que la ville avait découvert des « placards remplis de dossiers bien pourris » laissés « en héritage » par l’équipe sortante UDI. Mahamed Aissani, président de l’OPH, dénonce, lui, « un pillage en bande organisé. »

La première, « l’affaire des cages d’escaliers », avait été évoquée en conseil municipal jeudi. Selon Mohamed Aissani, l’OPH aurait dépensé en 2019 les 4,5 millions d’euros alloués pour quatre ans à la peinture, en seulement un an pour la réfection des cages d’escaliers. Problème : derrière cette somme importante se cache des factures à l’origine douteuse, selon l’élu.

 

« On a des factures de plusieurs milliers d’euros pour des échafaudages, des toilettes de chantiers ou des réfectoires, sans que les habitants n’aient constaté la présence de telles installations. Avec des facturations de 20 à 30 000 euros par hall d’immeuble, on arrive à des sommes colossales ! », s’emporte-t-il. 

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Vente d’immeuble en dessous du prix

Autre grosse affaire, la vente d’un immeuble de l’OPH, situé rue Gaston Crépin. L’immeuble aurait été vendu à un prix en dessous du domaine à une société civile immobilière familiale (SCI), alors que la cession d’un immeuble conventionné ne peut se faire qu’à destination d’un autre bailleur social.

Une plainte a été déposée à l’encontre de Stéphane de Paoli, Christian Bartholmé et Jonathan Berrebi pour « prise illégale d’intérêt ». Mohamed Aissani estime le préjudice à 400 000 euros pour l’OPH.

 

Soupçons de favoritisme

Les plaintes concernent aussi une affaire de « boules anti-feu », pour lesquelles un marché d’exclusivité aurait été passé alors qu’il n’en existe pas pour ce type de produits et aussi des travaux de réhabilitation des cités Chemin Vert et Salvador Allende. Ce dossier est qualifié de « complexe et technique » par Mohamed Aissani.

Pour autant, il estime « qu’il existe des éléments sérieux établissant que l’attribution des marchés de réhabilitation énergétique des façades des cités Salvador Allende et Chemin Vert a été entaché de favoritisme, et a donné lieu à un détournement de fonds publics ainsi qu’à une prise illégale d’intérêt de la part de [son] prédécesseur. » Des surfacturations, dont une de l’ordre de plus de 700%, auraient été constatées. 

Une plainte vise également l’entreprise du père de Jonathan Berrebi pour « prise illégale d’intérêt ». « Mon prédécesseur disait souvent qu’il aimait travailler en famille et visiblement, il faisait même travailler son père », commente Mohamed Aissani. 

"Mon prédécesseur disait souvent qu'il aimait travailler en famille et visiblement, il faisait même travailler son père"

Mohamed AissaniPrésident de l'office public de l'habitat de Bobigny
Mohamed Aïssani, nouveau président de l'OPH de Bobigny dénonce
Mohamed Aïssani, nouveau président de l’OPH de Bobigny dénonce « un pillage en bande organisée ». (©DG/Actu Seine-Saint-Denis)

Des logements vacants 

En attendant leur traitement judiciaire, toutes ces affaires ont des conséquences directes les locataires de l’OPH. « Aujourd’hui, 94 logements vacants n’ont pas pu être repeints et ne peuvent donc pas être attribués. Or, il y a 6 500 demandes de logement en attente à Bobigny. Je trouve ça écœurant le peu de considération qu’il y a eu pour les locataires », présente Mohamed Aissani.

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Du côté de l’immeuble rue Gaston Crépin, le flou persiste. « La vente est jugée illégale. En attendant la résolution de l’affaire, les locataires se retrouvent donc à payer un loyer auprès de l’OPH et auprès du nouveau propriétaire. » Trois locataires seraient actuellement dans cette situation.

« Il y a urgence »

« Le nouveau propriétaire a également installé onze nouveaux locataires dans l’immeuble. Une fois la procédure terminée, nous ne nous voyons pas les mettre à la rue. » ajoute-t-il. Quant aux travaux de réhabilitation des cités Chemin Vert et Salvador Allende, la procédure « s’achemine vers une annulation du marché ». « En attendant, les cités ne seront pas réhabilitées et il y a toujours autant de problèmes d’infiltration, de chauffage et d’isolation », se désole Mohamed Aissani. 

Il incombe désormais à la justice de déterminer la responsabilité des parties dans ces affaires. « Le temps judiciaire est long. Mais nous avons besoin de récupérer notre argent afin de pouvoir assurer notre mission. Il y a urgence ! »

Joint par France Bleu ParisJonathan Berrebi, ancien président de l’OPH et principal incriminé, nie toutes les accusations. Il annonce vouloir porter plainte pour « diffamation ».

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