Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Recherche

Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 20:35
 
 
Mardi 24 Novembre 2020
 
 
 
 

En juin 2020, des manifestants réclament de mettre fin aux excès du bailleur privé Deutsche Wohnen. Christoph Soeder/DPA/AFP

Conséquence de la mobilisation des locataires et de l’action du parti Die Linke dans la capitale allemande, la loi de plafonnement du gouvernement de gauche est entrée, ce lundi, dans une nouvelle phase. Le recul du prix des loyers va s’accélérer.

 

Nombre de locataires berlinois vont voir leurs quittances sensiblement diminuer à partir du mois de décembre. Telle est la conséquence de l’application de la seconde phase de la loi de « plafonnement des loyers », adoptée il y a un peu plus d’un an par la municipalité de gauche (SPD, Die Linke, Verts). Berlin constitue ainsi, et de loin, une retentissante exception dans le paysage des métropoles allemandes et européennes, où l’accès au logement devient prohibitif sous les effets de l’explosion des prix dans un secteur immobilier sous influence des champions de la Bourse.

Au-delà de 20 % du plafond légal, les loyers devront être diminués

« Cette évolution est la résultante directe de la formidable ampleur de la mobilisation des locataires », souligne Hannelore Stark, dirigeante de Die Linke à Berlin. Ce mouvement défraya la chronique au printemps 2019, dans une ville où près de 80 % des appartements  étaient encore occupés par des locataires. 30 000 personnes se rassemblèrent régulièrement dans le centre et des mots d’ordre pour « le droit à un logement digne et abordable » ou exigeant « l’expropriation des requins de l’immobilier » fleurirent sur les balcons et les fenêtres des immeubles (lire notre article du 19 juin 2019). Une loi a été adoptée par le Sénat berlinois (le gouvernement de la cité-État), pour encadrer l’évolution du prix des loyers. Son application a démarré en février dernier par de premières règles empêchant toute hausse de plus de 1,3 % l’an sur un loyer référence de juin 2019. Ce 23 novembre, on passe à la seconde phase de la loi : à partir de cette date, tous les loyers qui dépassent de 20 % la limite supérieure du plafond légal devront être diminués. Quelque 365 000 locataires devraient ainsi voir leurs quittances allégées à partir du mois de décembre.

 

Le quotidien local Berliner Zeitung, qui faisait le point lundi matin sur les conséquences directes de l’application de la loi, a pris l’exemple d’un appartement de 100 mètres carrés dans le centre-ville payé aujourd’hui 1 000 euros, charge non comprises. C’est-à-dire 10 euros le mètre carré, soit un dépassement du plafond légal, établi à 6,45 euros. La diminution de loyer va se monter à quelque 117 euros par mois. Un vrai soulagement « pour une bonne partie de la population, qui dépense aujourd’hui la moitié de ses revenus dans le logement », relève Reiner Wild, président de l’amicale des locataires berlinois (BMV).

Pour veiller au bon déroulement de l’opération, une équipe spéciale mise en place par la cité-État est chargée d’examiner toutes les requêtes des locataires. Et d’exiger des propriétaires qu’ils respectent le texte.

En fait, la seconde phase de la loi entérine la fin d’un délai de huit mois qui devait permettre aux propriétaires de se conformer aux nouvelles normes locatives. Nombre d’entre eux se sont déjà exécutés. « Ce qui signifie que les loyers ont d’ores et déjà diminué à Berlin », explique Sebastian Schnell, sénateur (Die Linke) au logement, à l’urbanisme et grand coordinateur de la nouvelle législation. Reste les « récalcitrants », priés de s’aligner à leur tour sur la loi, ce 23 novembre. Pour veiller au bon déroulement de l’opération, une équipe spéciale a été mise en place par la cité-État. À charge pour elle d’examiner toutes les requêtes des locataires. Et d’exiger des propriétaires qu’ils respectent le texte. Des amendes jusqu’à 500 000 euros sont prévues pour les contrevenants.

Une décision de justice est attendue en 2021

Les très influents squales de l’immobilier qui ont pu augmenter les loyers de 60 % en moyenne durant la décennie écoulée ne décolèrent pas. Ils ont pour noms Vonovia ou Deutsche Wohnen (contrôlés par BlackRock, le fonds d’investissement américain) et sont cotés à la Bourse de Francfort. Ils font signer à leurs nouveaux locataires un avenant à leur contrat les engageant à mettre de côté tous les mois « un loyer de l’ombre » qu’ils encaisseront une fois les règles de l’ordre et du marché rétablies. La loi berlinoise serait anticonstitutionnelle, clament leurs relais politiques, la CDU de la chancelière, la droite libérale du FDP et l’extrême droite, AfD, unis pour solliciter la Cour suprême. Ils ont fait chou blanc sur l’enclenchement de la procédure d’urgence qu’ils réclamaient. Les juges de Karlsruhe se sont refusés à se saisir immédiatement de leur plainte.

Un verdict est toutefois attendu après un délibéré et un jugement classique au début de l’année 2021. « D’ici là, il faut que la loi, toute la loi, s’applique  ! » martèle Hannelore Stark. La bataille va rester âpre, mais l’enjeu est énorme. Tant Berlin montre la voie aux cités du reste de l’Allemagne et de… l’Europe.

Icon Bullhorn Retrouvez tous nos articles sur l'accès au logement

Partager cet article
Repost0

commentaires

Pages

Service Public du logement

j-aime-HLM-SP.jpg

 

Soyons connectés !!!

Inscrivez-vous.jpgPour être informé chaque fois qu'un article est mis sur le blog,
inscrivez vous ci dessous en indiquant votre adresse émail.

Histoire des structures de la CGT

Voir la vidiéo en cliquant sur le lien suivant : link

structures-CGT.JPG