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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 17:17

	«	Le secteur contribue à 28 % des émissions de CO2 du pays	», précise la climatologue Corinne Le Quéré. © ANDBZ/ABACA

Logement. Rénovation thermique, bientôt une obligation ?

Mercredi 25 Novembre 2020

Dans un rapport, le Haut Conseil pour le climat montre l’échec des politiques de transition énergétique dans le bâtiment. Pour les associations, seule la contrainte serait efficace.

 

Le thermomètre baisse à nouveau et les chaudières en tout genre se rallument… Avec elles, repartent les émissions de gaz à effet de serre des logements. « Le secteur contribue à 28 % des émissions de GES du pays », précise la climatologue Corinne Le Quéré, présidente du Haut Conseil pour le climat (HCC), qui a rendu mardi le rapport « Rénover mieux : leçons d’Europe ». En août 2019, quand le gouvernement a saisi l’instance indépendante sur le sujet, il ne s’attendait sans doute pas à un tel constat : la France est à la traîne. Elle ne rénove pas du tout comme il faudrait : pas assez et sans condition de performance…

Un objectif loin d'être atteint

Entre-temps, le gouvernement en a fait un axe de son plan de relance, promettant d’y consacrer 7,9 milliards. Le chantier est indispensable pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Et il a pris beaucoup de retard. « Le logement a dépassé de 11 % les objectifs fixés du premier budget carbone 2015-2018, le rythme de réduction des émissions demeure deux fois inférieur aux objectifs », continue la climatologue.

 

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Rappelons-le, la loi de 2015 visait 500 000 logements rénovés par an et la résorption des passoires thermiques, ces bâtiments étiquetés G ou F… Il en reste encore 5 millions. Le Haut Conseil ne recense que « 60 000 à 70 000 logements entre 2012 et 2016 faisant l’objet d’une rénovation globale chaque année ». Un très faiblard 0,2 % des bâtiments. Une rénovation globale, c’est « permettre de réduire d’au moins 60 % la consommation énergétique », précise l’instance. Le reste, des rénovations par gestes (isolation, fenêtres), échoue à « faire ces sauts d’efficacité énergétique », tranche le rapport. Ainsi, « la France a les logements les moins performants des cinq pays étudiés : Suède, Royaume-Uni, Allemagne et Pays Bas », explique Corinne Le Quéré.

Imposer des normes aux bailleurs

Le HCC avertit : il faut désormais « massifier les rénovations profondes » : passer à 370 000 par an au minimum d’ici à 2022 et 700 000 à partir de 2030. Du côté des ONG, on ne s’étonne pas du constat, ni de l’ampleur du chantier. « C’est le bilan de dix ans de politiques incitatives », explique Célia Gautier, responsable énergie climat à la Fondation Nicolas-Hulot.

Il faut dire « qu’à chaque fois que nous avons essayé de mettre en place des obligations ou de nouvelles normes, elles ont été balayées par le gouvernement », commente, pour sa part, Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation ­Abbé-Pierre. Dernier exemple en date, « un décret a bien été adopté qui interdit, à partir de 2023, de mettre en location des logements très énergivores. Mais la définition a été vidée de son contenu, il ne faut pas dépasser 500 kW/m2 /an en énergie finale. Cela représente 100 000 des 5 millions de passoires… Il faut avoir des trous dans la façade en somme », continue-t-il. Pour les associations, il faut donc contraindre, imposer des normes aux bailleurs.

 

Le Haut Conseil pour le climat propose que « tous les propriétaires d’une passoire thermique » aient l’obligation « d’avoir réalisé des travaux d’amélioration », mais à l’horizon 2028 … « C’est déjà ce qui est fixé, mais aucune sanction n’est définie », précise Manuel Domergue.

Au passage, le Haut Conseil salue la Convention citoyenne pour le climat, qui allait plus loin et voulait rendre obligatoire la rénovation énergétique pour toutes les passoires thermiques en copropriétés, logements sociaux et maisons individuelles louées d’ici à 2030 et d’ici à 2040 pour les étiquettes D et E.

Des factures moins chères

Pour les experts du HCC, cela passera par des nouvelles aides. « Les dispositifs de soutien public, de l’ordre de 4 milliards aujourd’hui, devront être quadruplés », prévient leur rapport. Ils préconisent de supprimer le nouveau dispositif « MaPrimeRénov », mis en place en janvier, une aide aux gestes indivuels, et de le remplacer d’ici trois ans pour « n’offrir que des aides conditionnées à l’atteinte d’un niveau de performance ».

Le gouvernement, lui, tergiverse, ne veut surtout pas « contraindre ». « Mais il faut vraiment voir cela comme un investissement. C’est un sujet qui croise tout : le social et l’écologie, qui peut créer 100 000 emplois dans le bâtiment, en limitant les émissions et faire en sorte que les gens soient mieux chez eux, en meilleure santé et avec des factures moins chères », conclut Célia Gautier.

Le chauffage, nerf de la guerre

Le chauffage au gaz sera proscrit dans les maisons (dès 2021) et les logements collectifs (après 2024) neufs, a indiqué la ministre du Logement hier. Inscrite dans le cadre de la nouvelle réglementation environnementale RE 2020, la mesure doit répondre aux enjeux de décarbonisation du bâtiment. En France, une large part du chauffage est aujourd’hui assurée par le gaz (41 %) ou le fioul (12 %), deux énergies très émettrices de CO2, rappelait le Haut Conseil pour le climat. Produite essentiellement par le nucléaire et les renouvelables, l’électricité (36 %) est nettement moins carbonée.

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