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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 19:31

Pauvreté. Le « Logement d’abord », oui, mais puissance 10

Jeudi 26 Novembre 2020
Le Collectif des associations unies exige des réponses ambitieuses et durables pour les personnes à la rue, plus que jamais fragilisées par la crise sanitaire.
 

« Ê tre une femme dans un bidonville, c’est attendre 1 heure du matin pour se glisser dans la pénombre, dans le froid, sous la pluie, pour faire sa toilette dans une bassine avec de l’eau froide. C’est devoir quitter une chambre d’hôtel définitivement après deux nuits. C’est avoir ses règles sans protection hygiénique et renoncer à ses démarches administratives, aux rendez-vous médicaux, car on n ’osera pas se présenter dans cet état. C’est avoir faim. Subir des violences physiques, sexuelles. » Des exemples comme celui-ci, Katell Olivier, de Médecins du monde à Nantes, en a malheureusement bien d’autres. Rien que dans l’agglomération nantaise, l’association a comptabilisé plus de 2 600 personnes vivant dans des bidonvilles. Face à la crise sans précédent qui impacte particulièrement les plus précaires, les trente-neuf organisations du Collectif des associations unies tenaient une conférence de presse, ce mercredi 25 novembre. L’enjeu : exiger des réponses ambitieuses et durables pour les personnes à la rue et mal-logées.

1 079 expulsions de campements

« Répondre aux urgences sociales immédiates, ça passe par l’accès à l’hébergement et l’accompagnement de toutes les personnes qui sont à la rue », estime Florent Guéguen de la Fédération des acteurs de la solidarité et porte-parole du collectif. Et on est loin du compte. L’année 2020 a notamment été marquée par une accélération des expulsions de campements : 1 079 expulsions dont 699 durant la crise sanitaire. 90 % de ces évacuations n’ont pas été suivies de propositions d’hébergement ou de logement. La triste actualité de ce mardi vient gonfler les chiffres, avec une évacuation violente place de la République, à Paris. Le numéro d’appel d’urgence, quant à lui, est complètement saturé. Rien que le 13 novembre, 3 500 personnes ont appelé le 115 sans obtenir de solution d’hébergement. « Dans les grandes villes, environ 80 % des demandes au 115 ne sont pas satisfaites », déplore Florent Guéguen. Et ce malgré les 10 000 places d’accueil d’urgence ouvertes depuis le 18 octobre. Même constat en Seine-Saint-Denis, où « 85 % des personnes n’appellent plus le 115, car la plateforme ne répond pas ou ne propose pas de solution », constate Valérie Puvilland, d’Interlogement 93. Sachant, poursuit la porte-parole du collectif, que « les places qui ouvrent restent temporaires, sans solutions durables de logement ».

Pour Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre et porte-parole du collectif, au-delà de l’urgence immédiate et des chiffres inquiétants du 115, « on est face à une situation sociale extrêmement compliquée, avec une hausse des demandes du RSA très préoccupante qui peut varier, selon les territoires, de 20 à 40 % ». Une hausse qui témoigne de « l’extrême paupérisation de tout un pan de la population frappée de plein fouet par les difficultés économiques ».

Des solutions existent

La crise, conjuguée à l’augmentation des dépenses liées aux charges des logements, « fait craindre une vraie vague d’expulsions locatives à partir du 1er  avril prochain et dans les mois qui suivent ». Christophe Robert rappelle qu’en 2019, 16 700 ménages ont été expulsés avec le concours des forces de police. Et les indicateurs d’attribution de logements sociaux restent mauvais, avec une baisse d’attributions pour 2020 de 100 000 logements. Sans compter les coupes du gouvernement sur les APL, allocations déterminantes pour l’accès à un logement. Pourtant, des solutions existent, assure le collectif. Elles passent, notamment, par l’augmentation des minima sociaux en les ouvrant aux 18-25 ans, l’investissement massif dans la production de logements sociaux et très sociaux avec un objectif de 150 000 construits par an (au lieu de 105 000 aujourd’hui), la lutte contre l’habitat indigne, etc. Bref, insiste Christophe Robert, « un plan “Logement d’abord” du gouvernement, mais puissance 10 ».

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