Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Recherche

Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 22:45
 
Publié le 14/12/2020 à 08h00
Quand les capitaux privés sont invités chez le bailleur social les Résidences de l'Orléanais

Les Résidences de l'Orléanais changent de statut. © gaujard christelle

Les Résidences de l’Orléanais, premier bailleur social d'Orléans Métropole sont sur le point de changer de statut, se transformant en Société d’économie mixte et accueillant des capitaux privés.

La décision de faire entrer le capital privé aux Résidences de l’Orléanais suscite des inquiétudes. La frange de gauche a préféré s’abstenir lors du vote de la question, au dernier conseil métropolitain.

Le pourquoi de la chose

C’est la loi Elan (loi logement votée en 2018) qui a forcé le changement. Car elle impose aux organismes d’atteindre au moins 12.000 logements. Les Résidences de l’Orléanais en ont moins de 9.778. "Ça nous laissait trois choix", explique la présidente Laurence Cornaire :

  •  "Une acquisition très conséquente de logements. Cela fragilisait notre comptabilité, et surtout il n’y a pas l’offre de logements sur le territoire" ;
  • Se regrouper avec d’autres acteurs du logement social ;
  • Ou se transformer en Société d’économie mixte (Sem).

Logements sociaux : le maire d'Olivet, Matthieu Schlesinger, réagit aux menaces de sanctions

Pas de fusion

"La seconde option n’a pas été assez étudiée", juge Dominique Tripet, dans l’opposition de gauche au conseil métropolitain.

"Je ne comprends pas leur peur de perdre le contrôle, et cela pourrait faire croire au clientélisme. Après tout, les commissions d’attribution ont les mêmes règles pour tous les bailleurs sociaux. Et les autres présents dans le département (LogemLoiret, Siap…) font du bon boulot."

DOMINIQUE TRIPET


Les justifications de Laurence Cornaire et Carole Canette, la vice-présidente qui a défendu le dossier, sont différentes.

Ce n’est pas notre philosophie : nous avons une histoire de proximité avec les Orléanais, puis les habitants de la Métropole, insiste la première. Nous avons des rapports avec les CCAS du territoire, ce qui nous permet d’avoir une réactivité locale. Nous ne pourrions pas faire le même travail de proximité à Montargis par exemple.

La seconde pointe : "Nous voulons mener notre politique d’investissements à l’échelle métropolitaine, avec une vision urbaine. Et puis, en se rapprochant de LogemLoiret, on se serait rapprochés d’un office du Département, qui est à droite."Si la Métropole est aujourd’hui à gauche et à droite, sa vice-présidente au logement, Carole Canette, est socialiste mais la présidente des Résidences de l’Orléanais, Laurence Cornaire, appartient à la municipalité de droite d’Orléans.

Le privé, c’est qui ?

Par définition, le secteur public reste majoritaire au sein d’une Sem. Carole Canette a prévu une représentation de la Métropole entre 65 et 85 %. Entreraient au capital la Banque des territoires et la Caisse des dépôts et consignation, cette dernière ayant promis "d’appuyer la gouvernance de la Métropole".

 

"Rien ne nous dit que ça ne va pas changer à la longue", pointe Dominique Tripet.

"De même que l’office public pourrait être transformé en privé pur, un jour. On n’est pas à l’abri de décisions de futurs élus. Mais là, nous préservons l’essentiel", riposte Carole Canette.

Quel changement ?

"Pas grand-chose, à vrai dire, s’amuse Laurene Cornaire. La création d’une structure agréée de logement social est soumise au contrôle de l’État, avec l’impératif de construire du logement social et continuer l’accompagnement social, la rénovation des bâtiments…"

Dominique Tripet n’en est pas si sûre : 

"Passer en économie mixte n’est pas une bonne chose. On l’a vu ailleurs : les bonnes résolutions au début, puis le bénéfice devient progressivement une priorité. Rien ne stipule qu’on ne s’aventurera pas hors du champ social, car le bailleur est autorisé à construire des bâtiments d’utilité publique, comme des collèges ou lycées ! Alors que l’urgence, c’est le manque de logements sociaux !"

DOMINIQUE TRIPET

 

Et Carole Canette de protester :

"C’est pour cela que j’ai pris la précaution d’ajouter dans la délibération que la Sem ne mènera que des activités utiles au logement social, avec peut-être des services publics et commerces de proximité au pied des immeubles."

CAROLE CANETTE

Quant à Laurence Cornaire, elle rejette sans ambages la possibilité :

"Quels élus de la Métropole accepteraient ça alors qu’ils sont talonnés par l’État et la préfecture pour faire plus de logements sociaux, alors que nous avons une pression telle que pour chaque départ, nous avons quatre demandeurs ?"

LAURENCE CORNAIRE

Caroline Bozec

Partager cet article
Repost0

commentaires

Pages

Service Public du logement

j-aime-HLM-SP.jpg

 

Soyons connectés !!!

Inscrivez-vous.jpgPour être informé chaque fois qu'un article est mis sur le blog,
inscrivez vous ci dessous en indiquant votre adresse émail.

Histoire des structures de la CGT

Voir la vidiéo en cliquant sur le lien suivant : link

structures-CGT.JPG