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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 17:40

Dans une région où trouver un toit relève souvent du parcours du combattant, il y a plus de 400000 logements inhabités, dont plus de 100000 rien qu’à Paris, selon les dernières données du ministère. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis dix ans et face auquel les maires sont bien souvent démunis.

Dans la capitale, on compterait 108 532 appartements libres de tout occupant, à l'instar de l'immeuble du 1-15 rue de Rome (XVIIe). LP/Olivier Corsan

Dans la capitale, on compterait 108 532 appartements libres de tout occupant, à l'instar de l'immeuble du 1-15 rue de Rome (XVIIe). LP/Olivier Corsan

« Propriétaires margoulins », « habitats indignes », « taxe sur le logement vacant insuffisante », « stop au Pinel vide », « fraude à la fiscalité »… Les chiffres des logements inoccupés que le Parisien-Aujourd’hui en France publie sont vertigineux en Île-de-France et dans l’Oise. La grogne des maires confrontés au phénomène, elle, est grandissante. Le dossier pourrait bien devenir un sujet chaud de l’élection présidentielle de 2022, alors qu’il devient urgent de remettre des biens sur le marché pour répondre à la crise du logement.

Premier à aborder la thématique, le candidat ex-PS à l’Élysée Arnaud Montebourg a plaidé pour que l’État rachète « le million » de logements vacants dans les campagnes afin de les réattribuer à des familles souhaitant accéder à la propriété. Si l’affaire est sensible depuis longtemps partout en France, où 3 millions de logements sont inoccupés, elle l’est surtout autour de la capitale, là ou trouver un toit est un parcours du combattant.



Bien sûr, les situations diffèrent, entre la vacance dite frictionnelle, de plus ou moins longue durée, contrairement à la vacance structurelle, de très longue durée (comptez plus de deux ans). Selon les dernières données publiées par les services de l’État, qui comprennent la vacance toutes durées confondues, il y a en Île-de-France et dans l’Oise 401 000 logements vacants.

Autre problématique : le nombre de ces biens inoccupés croît depuis dix ans, selon l’Insee. À Paris, la quantité de logements vides a augmenté (+ 7 000 en dix ans, sur 1,1 million de logements dans le parc privé) pour un total de 108 532 appartements libres de tout occupant, selon les dernières estimations. Dans le reste de la région, elle n’a cessé de progresser, et de façon plus soutenue en grande couronne (+ 42 %) qu’en petite couronne (+ 18 %), laissant entrevoir des inégalités de territoire, avec une vacance plus importante dans les départements les plus ruraux.

Des causes multiples

La raison ? « Le rythme de construction, très élevé mais mal réparti », pointe dans son dernier rapport d’information sur le sujet l’ex-sénateur UDI, Jean-Marie Bockel. Entre autres explications, il relève le constat des professionnels de l’immobilier qui pestent contre « le renforcement constant des droits des locataires qui (…) ont conduit de nombreux bailleurs à retirer purement et simplement leurs biens immobiliers du marché de la location ».



À Saint-Denis, où il y avait 4 506 logements vacants, soit 15,70 % du parc privé, « ce drame est pris à bras-le-corps », assure le maire (PS) Mathieu Hanotin. « L’explication de ces chiffres délirants, ce sont surtout les 19 % d’habitats indignes que compte le parc privé, martèle l’édile. Il y a beaucoup de logements inoccupés parce qu’ils sont tout simplement inhabitables. »

Parmi le diagnostic, selon lui, ces chiffres seraient aussi « gonflés par l’action des marchands de sommeil et de propriétaires margoulins qui ne déclarent pas l’occupation du logement mais préfèrent payer les taxes sur les logements vacants qu’ils amortissent très rapidement grâce aux loyers perçus en liquide ». Un constat partagé par la municipalité de La Courneuve, dont l’habitat indigne s’élève à 44 % dans certains quartiers.

Combien y a-t-il de logements vacants dans votre commune ?
Tapez ci-dessous le nom de votre commune ou le code de votre département afin de découvrir le nombre de logements vacants selon la durée de leur vacance. Données du parc de logements privés au 1er janvier 2019, parmi la centaine de communes de plus de 30 000 habitants en Ile-de-France et Oise
 

La solution ? En grande couronne, Jean-Paul Jeandon, maire (PS) de Cergy et président de l’agglomération de Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise, qui regroupe 13 communes, annonce qu’il pourrait « bien augmenter la taxe sur les logements vacants afin d’encourager les propriétaires à louer leurs biens vides ». Dans sa commune, 10,80 % du parc privé seraient inoccupés. « Nous sommes dans un système où des gens ont deux maisons, dont l’une n’est habitée qu’une fois par mois », illustre l’édile. Il dénonce aussi les « investissements Pinel » qui « restent vides » et dont il souhaiterait voir les constructions stoppées au profit de « logements intermédiaires et sociaux ». Autre difficulté relevée par Jean-Paul Jeandon : « Le montant des loyers dans le privé, extrêmement chers ».

À Creil (Oise), le maire (PS) Jean-Claude Villemain, est catégorique : « Nous avons 4 000 demandes pour le logement social en attente… La seule explication des 13,10 % de logements vides est la fraude à la fiscalité de la part de propriétaires. » Selon ses comptes, il n’y aurait qu’une petite centaine de logements vides car insalubres.

La rénovation de l’habitat ancien au cœur du débat

Dans les villes historiques, l’ancienneté du patrimoine influe également sur la vacance, analyse la maire (LR) de Pontoise, Stéphanie Von Euw. « Beauvais, Saint-Denis, Melun… et Pontoise ont toutes des taux de vacance importants. Il y a un sujet avec le patrimoine ancien, nous avons tous de vieux centres historiques. » Elle estime que « les propriétaires préfèrent ne pas louer plutôt que d’engager des travaux coûteux ». L’autre explication ? Les copropriétés dégradées, « qui n’ont plus les moyens d’entretenir le bâti ».

Un constat partagé par le maire (LR) de Compiègne (Oise), Philippe Marini, qui tempère : « Le taux de 12,40 % de logements inoccupés moins de deux ans dans ma commune tombe ensuite à 2,9 % les années suivantes. » Il défend son bilan : « En dix ans, le nombre de logements occupés n’a cessé d’augmenter grâce aux opérations de rénovation de l’habitat."

Toujours est-il que, pour toutes les municipalités, le sujet est un casse-tête. Et plusieurs maires le concèdent : « Il y a beaucoup de mètres carrés qui pourraient être utilisés pour ceux qui en ont besoin, mais pour encourager les propriétaires, encore faudrait-il avoir leurs adresses ».

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