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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 16:09
Vendredi 31 Décembre 2021

À l’heure où la vague Omicron repose la question des cours à distance, les étudiants orléanais alertent sur la vétusté de leurs résidences universitaires.

 

Orléans (Loiret), correspondance.

Entourés de quelques arbres et bordés par des voies de circulation routière, deux bâtiments gérés par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) d’Orléans-Tours, dans le quartier d’Orléans-la-Source (Loiret). De prime abord, ils font penser aux logements HLM des années 1970 de la banlieue parisienne. C’est derrière ces murs gris et dégradés que depuis les premières semaines du confinement de mars 2020, les étudiants empilent les galères. Après les pertes de revenus, l’obligation de recourir à des distributions alimentaires, les coupures intempestives de WiFi pendant les examens, la présence récurrente de moisissures dans les parties communes, les voici confrontés à une série d’invasions de punaises de lit. Nouveau symptôme d’un vieillissement de ces équipements qui commence à devenir problématique, voire dangereux. « Depuis 2016, on demande au Crous d’effectuer des travaux d’urgence, se désole Jonathan Bruneau, élu Unef au conseil d’administration du Crous. Nadia (1), 21 ans, a subi les punaises de lit pendant plusieurs semaines. Elle a tenté de changer de chambre. En vain. « Quand on ne connaît pas le fléau que représentent ces insectes, o n imagine que ça gratte ou que ça picote, mais en fait, ça provoque des démangeaisons insupportables. » Et Nadia est loin d’en être la seule victime. « On a eu une cinquantaine de remontées que nous avons transmises à la direction du Crous, mais cette dernière semblait dure d’oreille, explique l’élu.  Il aura fallu batailler pour qu’au bout de plusieurs semaines les étudiants concernés soient enfin logés provisoirement en auberge de jeunesse. » Si, sur ce terrain et grâce à la mobilisation, les choses ont pu évoluer, d’autres problèmes demeurent. Comme la présence dans les couloirs des résidences d’épaisses moquettes au sol favorisant la présence d’insectes et les allergies.

Des frais « différenciés »

Dans sa chambre d’à peine 9 mètres carrés, coincé entre un lit, une armoire et une table-bureau, Kossi, un étudiant en master de biologie, tente de se concentrer. Arrivé du Togo en 2019, il a obtenu sa chambre universitaire en janvier 2020, soit peu de temps avant le confinement. « Je ne veux plus jamais revivre ça », assure-t-il, encore marqué par cette période anxiogène. Alors que les étudiants locaux avaient pu rejoindre rapidement leur foyer en Bretagne ou dans le Cher, lui et ses camarades africains, maghrébins et chinois s’étaient retrouvés coincés entre quatre murs, le loyer leur étant toujours exigé malgré toute possibilité de travailler annihilée par le confinement. « Heureusement que j’avais quelques économies, mais ça a été très dur pour les étudiants qui n’avaient plus rien », se souvient-il. Ces étudiants étrangers s’étaient pourtant vu imposer par l’université d’Orléans des frais d’inscription « différenciés » avec 2 700 euros à régler, contre 170 euros pour les étudiants communautaires…

Comme ses voisins, Kossi a dû acheter un radiateur, car ceux de la résidence sont inopérants. Il a également dû s’équiper d’un micro-ondes, pourtant interdit par le contrat de location. « Pour des raisons que j’ignore et alors qu’il y a un gardien jour et nuit, ils ferment la cuisine de 23 heures à 7 heures du matin, obligeant les salariés en horaires décalés à manger dans leur chambre », regrette l’étudiant de 27 ans. Équipement d’autant plus nécessaire que les personnels du Crous peuvent fermer la cuisine de secteur pour une semaine au motif qu’elle n’est pas bien entretenue par les étudiants. « Je condamne, naturellement, les personnes qui ne respectent pas les lieux collectifs, mais le principe de la punition collective n’est ni juste ni raisonnable », déplore Jonathan Bruneau.

Un sentiment de mal-être

Dans les couloirs de sa résidence, Kossi pointe également l’importante présence de sable. « C’est la vieille moquette qui le charrie, jusque dans nos chambres ! » Il a donc été obligé d’acheter un aspirateur pour ne pas crouler sous la poussière. Rare point positif : il a une douche individuelle dans sa petite chambre où il regrette de ne pouvoir faire de tri sélectif, faute de place. « Quand le Crous procède à des aménagements, comme la pose de sanitaires, il le fait payer cher aux étudiants, explique Djham Makhlouf, coordinateur départemental des Jeunes communistes et étudiant en droit sur le campus excentré de la Source.  Aux Ormes, où je résidais, les loyers sont passés de 173 euros à 255 euros de ce simple fait. Par contre, aux Hêtres, où habitent un grand nombre de résidents étrangers, rien n’est fait. » Lui et ses camarades prévoient de mener une campagne locale sur la question du logement tant les étudiants les interpellent sur leur sentiment de mal-être.

Contactée par l’Humanité, la direction du Crous n’était pas joignable. Mais plusieurs acteurs locaux s’étonnent ouvertement de son attitude depuis le début de la crise. « Quand nous soulevons une question comme celle des punaises de lit, le directeur du Crous le prend mal et pense que nous faisons son procès, ça ne simplifie pas les choses », rapporte Jonathan Bruneau. Dès le début du premier confinement, plusieurs enseignants et techniciens de l’université d’Orléans s’étaient regroupés au sein d’Orléans soutient les étudiants du monde (Osem), un collectif de bénévoles qui organise, aujourd’hui encore, des distributions alimentaires d’urgence. Un soutien psychologique a également été financé par la région Centre-Val de Loire. « Durant le confinement, des fenêtres de ma tour avaient été condamnées pour éviter l’irréparable », se souvient un résident encore choqué.

(1) Le prénom a été changé.
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