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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 14:08

La Régie immobilière de la ville de Paris, deuxième plus gros bailleur social de la capitale, annonce avoir été lâchée par son fournisseur de gaz, dans un contexte de flambée des prix des matières premières. Elle a dû se retourner in extremis vers un autre, plus cher. Conséquence, 15000 ménages vont payer l’addition.

 
Cette augmentation concerne les immeubles équipés de chauffage collectif au gaz, soit un quart des 66000 locataires du bailleur (illustration). LP/Simon Gourru

Cette augmentation concerne les immeubles équipés de chauffage collectif au gaz, soit un quart des 66000 locataires du bailleur (illustration). LP/Simon Gourru

La pilule est amère, inattendue et onéreuse. Quelque 15 000 locataires logés dans le parc social de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), le deuxième plus gros bailleur social de la ville, vont découvrir ce mois-ci qu’ils vont devoir payer désormais 40 euros de plus chaque mois, « en moyenne », précise la RIVP, selon la surface des appartements. Pour l’année, ça table autour de 480 euros.

Cette augmentation ne concerne que 2022 et les locataires des immeubles équipés de chauffage collectif au gaz, soit un quart des 66 000 ménages en location de la RIVP. « C’est brutal, résume sans détour Georgia Scoury, locataire et présidente de l’association des locataires Mortier-Saint-Fargeau (XXe). Ça va être lourd et impacter des familles modestes. »

« C’est un fournisseur voyou ! », tacle un locataire

Au plus tard ce samedi, les locataires devraient être prévenus par lettre, envoyée par la RIVP. Parallèlement, le bailleur, très ennuyé, s’est fendu d’un communiqué où il détaille les coulisses de cet improbable imbroglio. Dans les grandes lignes, la RIVP avait conclu un marché avec un fournisseur pour deux ans, « avec un prix fixe pour 2021 et 2022 », dans des conditions classiques d’appel d’offres. Sauf que face à l’augmentation du gaz, le fournisseur lui a expliqué avant Noël qu’il ne pouvait pas honorer ses tarifs et dans la foulée lui a gentiment demandé d’aller voir ailleurs.

« C’est un fournisseur voyou ! », tacle sans détour un locataire au fait du dossier. La RIVP explique qu’elle a donc été « contrainte de conclure en urgence un marché de substitution avec un nouveau fournisseur ».



Comment en est-on arrivé là alors que les autres bailleurs sociaux de la ville, Paris Habitat et Elogie Siemp, ne sont pas dans cette situation et n’y ont pas projeté leurs locataires ? « Ils n’ont pas les mêmes fournisseurs de gaz et pas les mêmes contrats », répond la RIVP. Alors à qui la faute ? RIVP ? Fournisseur ? La crise économique et la flambée du coût des matières premières ? « Pas de chance » ? Au final, les locataires doivent-ils assumer seuls et encaisser au sens propre comme au figuré cette augmentation ?

L’eau chaude collective a aussi augmenté

« Nous n’aurions pas dû nous retrouver dans cette situation, se défend Simon Molesin, directeur du patrimoine à la RIVP. Normalement, le fournisseur, quand il s’engage avec une commande de gaz, achète quasiment la totalité des matières premières. Il aurait dû avoir son stock au tarif négocié », et donc ainsi se protéger des aléas du marché et des augmentations surprises.

Le sujet de la flambée des matières premières s’était pourtant invité ces derniers mois dans le monde du logement social… « On a en parlé lors du dernier conseil d’administration de décembre de Paris Habitat, se souvient Jean-Jacques Anding, représentant les locataires pour la CLCV (association Consommation logement cadre de vie) et administrateur à Paris Habitat. Ça nous inquiétait. On craignait justement une possible augmentation du gaz. » Par ailleurs, le tarif de l’eau chaude collective des immeubles a aussi augmenté, à raison de 12,50 euros le mètre cube, et se répercute sur les charges des locataires.

Un recours en justice envisagé

Reste que la RIVP ne compte pas lâcher l’affaire et n’exclut pas de se tourner vers les avocats si elle n’obtient pas gain de cause. Le bailleur a prévu de demander au fournisseur irrespectueux du contrat de payer la différence afin de « reverser intégralement aux locataires les sommes qu’elle compte obtenir en compensation ». « Ce n’est pas une position belliqueuse, insiste Simon Molesin. Mais on mettra tout en œuvre. Nous défendons les intérêts de nos locataires. »

La RIVP et la Ville, « conscients, collectivement, de l’effort financier » se disent prêts à « accompagner » les « locataires les plus précaires ». La Ville compte mettre la main à la poche sous la forme d’une « augmentation exceptionnelle de la contribution de la RIVP de 20 % au FSL énergie ».

« Tout ça va être très compliqué, redoute Georgia Scoury. Comment vont-ils calculer ? Qui va en bénéficier ? Certes, les familles les plus fragiles vont être aidées. Mais quid de tous les autres, modestes, qui ont du mal à boucler les fins de mois ? »

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