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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 21:59

Des graffitis et des balles ont été découverts ce jeudi 20 janvier devant cinq bureaux d’accueil de l’Office public de l’habitat (OPH) d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Les messages font tous référence, de manière confuse, au directeur général du bailleur social, en pleine restructuration. Des plaintes ont été déposées.

 
Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 20 janvier. Des tags menaçant les gardiens de subir une «jambisation» ont été découverts sur les bureaux d'accueil de l'OPH d'Aubervilliers. DR

Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 20 janvier. Des tags menaçant les gardiens de subir une «jambisation» ont été découverts sur les bureaux d'accueil de l'OPH d'Aubervilliers. DR

« A tout les gardiens, vous risqué de perdre une jambe à cause de votre directeur pour la réinsertion. » Ce message aussi nébuleux que menaçant a été découvert dans la matinée de jeudi par les équipes de terrain de l’office public de l’habitat (OPH) d’Aubervilliers dans quatre bureaux d’accueil des locataires. Un cinquième tag représentant le symbole triangulaire « Attention » avec un dessin sommaire de jambe barrée d’une croix a été trouvé en début d’après-midi, sur une autre antenne. Remplis de fautes d’orthographe, les graffitis ont tous été écrits en rouge vif sur les murs ou en plein milieu des rideaux métalliques.

La forme de la menace évoque clairement ce que les policiers appellent la « jambisation », une technique souvent employée dans les règlements de comptes entre trafiquants qui consiste à viser les jambes pour mutiler. Des projectiles d’arme à feu ont également été découverts, certains jetés dans des boîtes aux lettres des antennes, d’autres glissés devant les entrées extérieures. Les cinq sites pris pour cible se situent rues Charles-Tillon, Crèvecœur, Rechossière, allée Marcel-Nouvian et boulevard Félix-Faure.

«Des méthodes d’intimidation de voyous»

« Cinq loges, cinq balles », résument, abasourdis, des agents, parmi lesquels l’information a circulé très vite. « Nous avons réuni un CSE (comité social et économique) extraordinaire parce qu’il y a un danger grave et imminent sur un certain nombre de gardiens, les messages sont explicites, confirmait en milieu d’après-midi Jean-Baptiste Paturet, le nouveau directeur général de l’OPH arrivé en juin 2021. Dans chaque loge, des balles ont été déposées. Ce sont des menaces de mort et des faits extrêmement graves, qui laissent sans voix les collaborateurs du CSE. »

Des plaintes émanant de l’office mais aussi des agents amenés à travailler dans les bureaux d’accueil couverts de graffitis ont été déposées. « Au moins trois », précise ce jeudi soir le parquet de Bobigny, qui ajoute que celles-ci sont traitées par le service de la sûreté départementale.

Aubervilliers, ce jeudi. Un tag représentant le symbole triangulaire «Attention», avec un dessin sommaire de jambe barrée d’une croix, a été trouvé en début d’après-midi.
Aubervilliers, ce jeudi. Un tag représentant le symbole triangulaire «Attention», avec un dessin sommaire de jambe barrée d’une croix, a été trouvé en début d’après-midi.

« Je suis extrêmement choquée par ces méthodes d’intimidation de voyous que je dénonce avec la plus grande fermeté, a réagi ce jeudi Karine Franclet (UDI), maire d’Aubervilliers et présidente de l’office HLM qui compte 8 200 logements et 180 salariés. C’est d’une violence inouïe. J’apporte tout mon soutien aux gardiens qui font un travail de terrain essentiel, d’autant plus dans ces périodes Covid. Ils sont en première ligne. Je leur témoigne tout mon soutien ainsi qu’au directeur, qui fait un travail considérable de redressement de l’office. »

Effectivement, les messages interpellent puisqu’ils ciblent à chaque fois le « directeur ». « Ce sont des menaces contre des agents à qui on reprocherait de suivre la direction, estime Jean-Baptiste Paturet. Le message est clair. Le fait qu’on remette en ordre l’office d’Aubervilliers ne plaît pas à tout le monde. »

«Les agents bénéficieront de la protection fonctionnelle»

Le bailleur social est en effet en pleine restructuration, entre changement de gestion entre la précédente municipalité, communiste, et l’actuelle, centriste, et évitement d’une fusion dans le cadre de la loi Elan. Il y a quinze jours, des employés dénonçaient des conditions de travail dégradées et un « management brutal ».

Le directeur général « est critiqué par certaines personnes qui ne sont pas contentes que l’on mette fin à un système, réplique Karine Franclet. Mais factuellement, tout est fait dans les règles, dans le droit et l’intérêt des locataires et du patrimoine de l’office. Il n’y a pas de méthodes violentes, on ne fait qu’appliquer la loi. »

Aubervilliers, ce jeudi. Les messages menaçants étaient accompagnés de cinq balles.
Aubervilliers, ce jeudi. Les messages menaçants étaient accompagnés de cinq balles.

Sur la mention répétée de « réinsertion » dans les graffitis, là aussi, pas d’explications. « Personne n’a compris, relève Jean-Baptiste Paturet. Tout le monde pense plutôt au mot réintégration mal écrit… Les slogans sont bourrés de fautes dont on ne sait pas si elles sont feintes ou réelles. Ça sera à l’enquête de le dire. Je pense que les opérations qu’on est en train de mener à Aubervilliers dérangent forcément. Mais il s’agit d’une minorité. Il y a une certaine forme de désorganisation voulue par certains, qui voient leurs affaires ne plus pouvoir prospérer. »

Les gardiens n’ont pas exercé de droit de retrait, même si « les gens sont effectivement inquiets », confirme Jean-Baptiste Paturet. « Les agents bénéficieront de la protection fonctionnelle (des mesures d’assistance de l’administration) puisque la plupart d’entre eux sont fonctionnaires territoriaux », ajoute-t-il.

Un soutien psychologique est prévu pour les personnels qui en exprimeront le besoin. L’OPH d’Aubervilliers n’écarte pas d’autres actions d’accompagnement dans un deuxième temps, « comme des boutons d’alerte pour qu’une personne qui se sent en danger puisse prévenir rapidement », ou d’autres dispositifs sur lesquels le bailleur préfère rester discret.

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