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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 23:29
Trois gardiens de l’office HLM d’Aubervilliers agressés à la bombe lacrymogène

Ce lundi, les agents rattachés au bureau d’accueil du 5, rue Réchossière ont été attaqués alors qu’ils faisaient leur ronde dans le parking souterrain. Les faits se sont produits quatre jours après que des balles ont été déposées dans les loges.

Aubervilliers, le jeudi 20 janvier. Ce jour-là, des tags menaçants (le dessin de droite illustre une "jambisation") avaient été découverts à l'OPH. Ce lundi, un cap a été franchi : des agents ont été attaqués physiquement par deux hommes masqués. DR

Aubervilliers, le jeudi 20 janvier. Ce jour-là, des tags menaçants (le dessin de droite illustre une "jambisation") avaient été découverts à l'OPH. Ce lundi, un cap a été franchi : des agents ont été attaqués physiquement par deux hommes masqués. DR

« Vous n’avez pas compris le message, bande de fils de p… ! » C’est, en substance, la mise en garde jetée aux visages des trois gardiens de l’office public de l’habitat (OPH) d’Aubervilliers, juste après qu’ils ont été aspergés de gaz lacrymogène, ce lundi vers 10 heures. Les agresseurs, apparemment deux jeunes hommes portant casquettes et masques chirurgicaux, se sont introduits à pied dans un parking souterrain de 90 box réservés aux locataires et dans lequel les agents faisaient leur ronde d’entretien.

La «jambisation», une méthode employée dans les règlements de comptes entre trafiquants

Les victimes sont rattachées au bureau d’accueil du 5, rue Léopold-Réchossière, l’une des cinq loges où ont été retrouvés, le jeudi 20 janvier, des projectiles d’armes à feu et des graffitis menaçant les gardiens de « jambisation ». Cette méthode, souvent employée dans les règlements de comptes entre trafiquants, consiste à viser les jambes pour mutiler. Le bureau où travaillent les trois gardiens agressés avait été tagué du pictogramme triangulaire « Attention » accompagné d’un dessin sommaire d’une jambe barrée d’une croix.

« C’est la stupeur qui prédomine, confirmait ce lundi, en fin d’après-midi Jean-Baptiste Paturet, le directeur général de l’OPH d’Aubervilliers, qui s’est rendu sur place. Des plaintes ont été déposées par le bailleur ainsi que par les agents concernés. Elles font suite aux premières déjà effectuées auprès du commissariat d’Aubervilliers. La sûreté départementale, chargée de la première enquête, vient d’être saisie de la deuxième de façon complémentaire par le parquet de Bobigny. »

Aubervilliers, le 20 janvier. Des balles d'armes à feu ont été découvertes dans les bureaux d'accueil de l'OPH.
Aubervilliers, le 20 janvier. Des balles d'armes à feu ont été découvertes dans les bureaux d'accueil de l'OPH. DR

Deux des trois gardiens ont dû recevoir des soins notamment au niveau des yeux brûlés par le gaz, selon leurs collègues. « Ils sont assez choqués », témoignent ces derniers. Le bailleur a proposé aux victimes un soutien psychologique, comme il l’avait déjà fait au moment de la découverte des tags de jambisation. « Les intimidations et les menaces sur les agents relèvent de la plus grande des lâchetés », a réagi officiellement l’OPH d’Aubervilliers.

«Une ambiance très particulière, je n’avais jamais vu ça»

Après celui du 20 janvier, un deuxième comité social et économique (CSE) extraordinaire s’est réuni pour faire un point de situation et décider notamment de la mise en place de dispositifs de protection des équipes de terrain. L’OPH préfère rester discret sur les mesures mais elles pourraient consister par exemple, et entre autres, à installer aux entrées des bureaux d’accueil des boutons d’ouverture commandés par le personnel.

Pour l’heure, il n’y a pas de droit de retrait exercé. « En CSE, tout le monde se dit choqué par ce qu’il s’est passé, on est solidaires et tout le monde vit un peu ça comme du terrorisme », s’indigne encore Jean-Baptiste Paturet. « C’est une ambiance très particulière, je n’avais jamais vu ça, commente de son côté un agent. S’en prendre aux salariés, c’est déplorable ! »

Comment les malfaiteurs sont-ils entrés dans le parking ?

La porte piétonne, par où sont probablement passés les agresseurs, est équipée de contrôle d’accès, selon l’OPH. Cela veut-il dire que les auteurs connaissaient bien les lieux et disposaient des moyens pour y pénétrer ? Ou ont-ils suivi les gardiens quand ils ont commencé leur mission d’entretien dans le but de les attaquer loin des regards ? Pour l’instant, pas de réponses. Pas non plus d’explications claires aux graffitis remplis de fautes découverts le 20 janvier, qui disaient : « A tout les gardiens, vous risqué de perdre une jambe à cause de votre directeur pour la réinsertion. »Ces deux affaires d’intimidations et d’agressions se sont produites dans un contexte de restructuration de l’office HLM mais aussi de changement de gestion entre la précédente municipalité, communiste, et l’actuelle, UDI. « Les réformes structurelles engagées depuis six mois ne seront pas empêchées par la violence, indique le bailleur. Karine Franclet, présidente de l’OPH d’Aubervilliers (et maire de la ville) rappelle dans une lettre aux salariés son émotion et confirme sa détermination à poursuivre le redressement de l’établissement. »

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