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29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 08:52

L’inflation galopante, qui va entraîner une revalorisation mécanique du smic au 1er mai, pose la question de la progression de la fiche de paie. Pour les économistes, une «clause de revoyure» n’est pas à exclure si les tensions sur l’alimentation et l’énergie persistent.

Avec une inflation qui a atteint 4,5% sur un an en mars, selon l’Insee, la question des salaires devient un sujet explosif. LP/Arnaud Journois

Avec une inflation qui a atteint 4,5% sur un an en mars, selon l’Insee, la question des salaires devient un sujet explosif. LP/Arnaud Journois

À la caisse, le panier n’est pas plus fourni que d’habitude mais le ticket a pris quelques euros. Farine, huile, viande, pâtes, fruits et légumes et papier toilette : les prix ont grimpé. Idem à la pompe où, malgré le coup de pouce de 18 centimes octroyé par le gouvernement jusqu’à fin juillet, la facture vire au rouge. Et si les prix du quotidien augmentent — ils ont bondi de 5,3 % en un an selon le dernier baromètre UFC-Que choisir —, les salaires, eux, ne progressent pas. Ou pas assez, du moins, pour faire face à une inflation atteignant 4,8 % sur un an, selon les derniers chiffres publiés ce vendredi par l’Insee.

Evolution de l'inflation en France
Indice des prix à la consommation - Sur 12 mois glissants

Le 1er mai, toutefois, les salariés payés au smic verront leur rémunération automatiquement recalculée, pour la troisième fois en quelques mois, à 1 302 euros net. De quoi mettre un peu de beurre dans les épinards de nombreux Français. Mais la situation fait aussi grincer les dents des syndicats, car, malgré les négociations de ces derniers mois, de nombreux secteurs vont de nouveau afficher des échelons en dessous du smic.

« Au 1er mai, ce sont 144 branches professionnelles sur 171 de plus de 5 000 salariés qui basculeront en non-conformité, précise Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT en charge des politiques de rémunération. Plus de la moitié des branches qui étaient repassées au-dessus du smic l’étaient de 20 euros… annuellement ! » La conséquence : le tassement des salaires. « Vous avez des branches, comme celle du caoutchouc, où les bas salaires se tiennent en 50 euros, poursuit-il. Cela signifie que ces salariés restent perpétuellement au smic quel que soit leur niveau de classification. »

Un recours à la prime Macron ou à l’épargne salariale

Quid des autres actifs, payés au-dessus du smic : peuvent-ils espérer un coup de pouce généralisé ? « Non, il n’y aura aucune augmentation mécanique, résume Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Certains secteurs vont peut-être rouvrir des négociations. Pour les autres, il faudra attendre l’an prochain pour envisager une revalorisation salariale. Mais il est peu probable qu’elle soit au niveau de l’inflation. » La preuve, selon lui : à chaque fois que les prix grappillent 1 %, cela se traduit par 0,6 % d’augmentation de salaire dans l’année.

Le cabinet Deloitte a fait ses calculs. En 2022, selon le secteur, les salaires devraient augmenter en moyenne de 2,35 %, voire 2,5 % en ajoutant les augmentations individuelles et les promotions. « C’est à peu près le même niveau que ce que nous avions avant la pandémie (de Covid-19), note Franck Cheron, associé du cabinet. Il n’y a pas eu de hausse massive à cause de l’inflation. »

Si la situation s’envenime en Ukraine, que les prix de l’énergie et de l’alimentation progressent, une clause de revoyure est toutefois envisageable. « Dans un scénario pessimiste où l’inflation s’installerait, il faut s’attendre à de nouvelles augmentations de salaires, d’environ 2 %, à l’automne, veut croire l’économiste Christian Saint-Étienne. Les patrons n’auront pas le choix pour garder leurs salariés qualifiés. »

Vingt pour cent des chefs d’entreprise seraient prêts à ce geste d’ici la fin de l’année, selon le cabinet Deloitte. Mais pas forcément sous forme de revalorisation salariale. Les patrons pourraient avoir recours à la prime Macron ou jouer sur l’épargne salariale. « Dans un contexte d’incertitude totale sur l’avenir, c’est une bonne politique, poursuit l’économiste. Cela permet à un patron de ne pas perdre en compétitivité. » Mais verser une prime permet aussi de « se substituer à une réelle hausse des salaires », s’inquiète Mathieu Plane. « C’est une aubaine pour de nombreux patrons, mais ce n’est pas une hausse de salaire pérenne. Pour le salarié, ce n’est pas la même chose en termes de pouvoir d’achat. »

Un risque d’embrasement social à la rentrée

Certains experts voient déjà poindre un embrasement social à la rentrée alors que, déjà, les tensions sont palpables dans les entreprises où les salaires stagnent ou augmentent trop peu. « La grogne sur les salaires monte depuis longtemps, atteste Anne Eydoux, maîtresse de conférences en économie au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers). On l’a vu avec les Gilets jaunes, des Français qui avaient un travail mais ne parvenaient pas à joindre les deux bouts… »



L’économiste de l’OFCE est sur la même longueur d’onde. « Même si cela n’a pas été ressenti comme ça, le premier mandat d’Emmanuel Macron a permis de rendre du pouvoir d’achat aux Français, analyse Mathieu Plane. Si l’on aide les bas salaires en revalorisant le smic et en réindexant les pensions sur l’inflation, que va-t-il se passer pour les actifs qui vont encaisser le choc ? Le risque, c’est que dans les mois qui viennent, le ressenti et les chiffres macroéconomiques coïncident et débouchent sur une situation explosive à la rentrée. »

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