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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 07:48

Le bailleur Hauts-de-Seine Habitat vient de signer un marché public avec Solution d’assistance à la mobilité verticale (SAMV), une société à vocation sociale qui offre aux personnes à mobilité réduite la possibilité de sortir de chez elles quand les ascenseurs sont indisponibles.

Clichy-la-Garenne, le 9 juin. L'ascenseur de son immeuble géré par Hauts-de-Seine Habitat étant hors service, Chantal bénéficie de l'intervention de Dweezil, l’assistant qui l’aide chaque jour à s’échapper quelques heures de son appartement. LP/David Livois

Clichy-la-Garenne, le 9 juin. L'ascenseur de son immeuble géré par Hauts-de-Seine Habitat étant hors service, Chantal bénéficie de l'intervention de Dweezil, l’assistant qui l’aide chaque jour à s’échapper quelques heures de son appartement. LP/David Livois

Pour beaucoup, il ne s’agit que d’une volée de marches. Mais pour Chantal, le moindre étage constitue un insurmontable obstacle. Enfin, quand l’ascenseur de l’immeuble où elle vit, à deux pas de la mairie de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), se retrouve hors service, comme c’est le cas en ce moment.

Pendant au moins deux mois, impossible pour elle d’emprunter l’appareil, objet, avec mille autres cabines, d’une grande campagne de rénovation. Deux longs mois pendant lesquels la locataire, handicapée par une dégénérescence osseuse et musculaire, aurait pu rester coincée chez elle, avec son chat pour seule compagnie. Une perspective inenvisageable. Chantal a beau être paraplégique, cette ancienne monitrice de judo et de plongée sous-marine n’en a pas moins la bougeotte.

« Sortir, j’en ai tout simplement besoin, résume-t-elle. Pour faire des courses, me rendre à des rendez-vous médicaux, mais aussi pour voir des amis ou juste prendre un peu l’air. Pour vivre quoi ! » Ces sorties quotidiennes auxquelles elle tient tant, Chantal, qui ne se déplace qu’en fauteuil roulant électrique, peut continuer à se les offrir grâce à la Solution d’assistance à la mobilité verticale (SAMV).

Créée par Fouad Ben Ahmed, dans le prolongement du collectif Plus sans ascenseur, apparu en 2016 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), cette jeune société offre aux personnes à mobilité réduite la possibilité de sortir de chez elles à leur guise.



Déjà liée par convention aux communes du Blanc-Mesnil et de Dugny (Seine-Saint-Denis), ainsi qu’avec quelques bailleurs, comme CDC Habitat, Immobilière 3F ou Emmaüs Habitat, la petite entreprise à vocation sociale vient de passer à l’étape supérieure : signer un marché public avec Hauts-de-Seine Habitat qui gère, entre autres, l’immeuble dans lequel habite Chantal.

C’est donc le bailleur le plus important des Hauts-de-Seine qui a proposé à sa locataire de Clichy cette solution sur-mesure. « On cherchait un service exceptionnel à rendre à nos résidents, relève Damien Vanoverschelde, le directeur général de Hauts-de-Seine Habitat. Nous avons lancé un vaste plan de rénovation de nos ascenseurs de plus de 24 millions d’euros et nous voulions, dans le même temps, pouvoir répondre aux besoins d’une population de plus en plus vieillissante. »

« Ce sont les plus précaires qui prennent en charge les plus fragiles »

Après une phase de test concluante menée dans la seule ville de Villeneuve-la-Garenne, dans le quartier de la Caravelle, le service, présenté aux amicales de locataires, est désormais étendu à l’ensemble du parc immobilier de Hauts-de-Seine Habitat, soit près de 45 000 logements. « Il est destiné aux personnes à mobilité réduite qui subissent une panne d’ascenseur, une interruption de service ou dont les immeubles ne sont tout simplement pas équipés d’appareil », précise la direction de Hauts-de-Seine Habitat.

Concrètement, dès qu’un locataire en exprime le besoin, un salarié de SAMV, dûment formé au métier d’assistant de mobilité verticale, se présente à son domicile avec un VertiMov, un fauteuil adapté qui permet d’assurer la montée et la descente des escaliers de façon sécurisée et sans effort. Au total, douze jeunes issus de l’intérim d’insertion et des établissements et services d’aide par le travail (Esat) du secteur sont aujourd’hui aptes à voler aux secours des naufragés. « Il s’agit d’un cercle vertueux, savoure Fouad Ben Ahmed. Ce sont les plus précaires qui prennent en charge les plus fragiles. »



« Ils sont tout simplement extraordinaires, sourit Chantal, en jetant un regard complice à Dweezil, l’assistant qui l’aide, chaque jour, à s’échapper quelques heures de son appartement. Ils s’adaptent à nos besoins, nous rassurent au moment de la descente. Ce qu’ils nous offrent n’a pas de prix. »

Mohamed, 7 ans, peut lui aussi en témoigner. Avant d’être mis en relation avec SAMV, c’est sur le dos de sa mère qu’il dévalait les six étages de son immeuble, à Bagneux, pour mettre le nez dehors. Aujourd’hui, l’exercice lui semble beaucoup moins périlleux. Installé dans le VertiMov, il profite de la descente pour regarder, en toute confiance, un épisode de « Naruto », son manga préféré.

Comme lui, plus de 250 personnes — qui marche avec difficulté, en surpoids ou en situation de handicap — ont ainsi bénéficié de cette solution à Paris et en banlieue. « Cela représente environ 3 500 déplacements, estime Fouad Ben Ahmed. Et avec ce marché public, ce nombre va encore grimper. Nous allons devoir professionnaliser encore un peu plus nos activités. »

Un rayon d’action étendu à toute la France

Reconnu comme un expert de la mobilité verticale, ce dernier insiste sur le fait que l’ascenseur constitue un vecteur essentiel d’un droit fondamental : celui de se déplacer. « Avec 100 millions de trajets par jour, c’est juste le premier moyen de transport en France, rappelle-t-il. Pour ceux qui en sont privés ou qui subissent des pannes à répétition, il y a un vrai sentiment de déclassement, notamment dans les quartiers populaires. Beaucoup se sentent oubliés, coupés du monde. »

D’où cette volonté de ne pas se contenter de taper sur les ascensoristes, les problèmes de stock de pièces ou de disponibilité des techniciens, mais d’apporter des solutions concrètes. Fouad Ben Ahmed envisage désormais d’étendre le rayon d’action de sa jeune structure à toute la France.



Aux côtés de Samuel Forestier, directeur territorial au sein de l’Association des paralysés de France (APF), il réfléchit également à l’opportunité de former les gardiens d’immeuble au métier d’assistant à la mobilité et travaille enfin sur une proposition de loi qui vise à intégrer une clause sanitaire dans les marchés publics. « De manière générale, l’histoire avance dans le bon sens », se félicite-t-il.

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