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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 13:00

Apartheid : « cela fait des années qu’on le dit »

Publié le 23/01/2015 • Par avec l'AFP • dans : France

"Cela fait des années qu'on le dit" : qu'ils aient fait la Marche des Beurs en 1983, vécu les émeutes de Vaulx-en-Velin en 1990 ou assisté à l'explosion des "quartiers" en 2005, ils réagissent de la même façon aux propos de Manuel Valls sur l'apartheid.

Il y a 30 ans, « cette fameuse marche a tendu la main à la République mais la République ne l’a pas prise. On a laissé le champ libre à des prédicateurs dans des quartiers, ils ont pris ces gamins en perte de repères, et voilà le résultat », résume Djamel Atallah, figure de la marche partie de Vénissieux en 1983.

« Cela fait plus de 20 ans » qu’il tire la sonnette d’alarme: « On a confiné une partie de la population dans des quartiers. Et il n’y a plus de renouvellement des structures associatives ».

Toujours actif sur le terrain, il se souvient qu’en 2005, lors des émeutes qui commencèrent à Clichy-sous-Bois, « on a eu une réunion avec le Premier ministre Dominique de Villepin et les ministres Jean-Louis Borloo et Azouz Begag. On les avait alertés, puis rien. Il ne s’est rien passé, c’est ça qui est terrible », souligne-t-il.

Mohamed Tria, cadre d’entreprise et président du club de foot de La Duchère, quartier populaire de Lyon, trouve « plutôt bien » que le Premier ministre parle d’apartheid: cela prouve « qu’il se rend compte de ce qu’il en est ». Mais « le diagnostic, cela fait longtemps qu’on l’a fait! ».

Les remèdes ? « Ce n’est pas de construire une école des années 1950 avec des uniformes, mais de construire celle de 2015″, poursuit-il, amusé qu’on en revienne aux règles du passé pour résoudre les problèmes d’aujourd’hui alors que « les gens ont manifesté pour plus de libertés ».

« Politique néo-coloniale »

« Si les politiques avaient oublié la réalité des quartiers, ce n’est pas le cas des acteurs de terrain (…) Je me réjouis qu’il y ait cette reconnaissance même si je ne sais pas de quoi cela va être suivi », commente Marie-Laure Mahé, qui prit part elle aussi à la marche – « pour l’Égalité », et non des Beurs, précise-t-elle – de 1983.

Pour cette militante associative des quartiers nord de Marseille, « le mot est fort mais il a une certaine justesse »: « certes, l’apartheid relevait en Afrique du Sud d’une notion juridique mais en France, ce sont des politiques publiques, la carte scolaire, l’aménagement urbain qui aboutissent à cet état de fait. Les pouvoirs publics ont leur responsabilité. »

L’État accusé d’avoir mené « une politique néo-coloniale » dans les quartiers: c’est l’analyse, plus virulente encore, du Lyonnais Abdelaziz Chaambi, figure du militantisme musulman avec sa Coordination contre le racisme et l’islamophobie.

Venu de l’extrême gauche, un temps proche de Tariq Ramadan, il milite pour un « islam citoyen et engagé », estime que la rupture entre la France et ses quartiers s’est nourrie des crises dans les banlieues mais aussi de lois « islamophobes » – comme l’interdiction du voile à l’école – qui ont renfermé une partie de la communauté musulmane sur elle-même: « On nous a fermé la porte au nez et on a laissé arriver les salafistes qui ont prospéré ».

« La mixité sociale, elle a existé »

« Avant, on ne se définissait pas comme musulmans, on était de tel ou tel quartier. On s’en foutait si tu étais arabe ou espagnol, etc. », affirme Morad Aggoun, adjoint au maire de Vaulx-en-Velin et figure de la vie associative locale.

« Ce qu’on appelle aujourd’hui la mixité sociale, elle existait dans les années 70. Quand je regarde les photos de ma première classe de neige, quand je repense à la Zup où j’ai vécu à partir de 1973, c’était du 50-50″, complète Gilbert Giraud, qui fit toute sa carrière d’enseignant dans une école de Vaulx-en-Velin, au coeur du Mas du Taureau, quartier réputé difficile.

Pour M. Aggoun, le mot « apartheid » n’est pas tabou. Mais il est choqué « qu’on attende que des gens qui sont nés en France commettent le summum de la barbarie pour le réaliser », même si pour lui le problème du jihad ne se résume pas à la banlieue.

« Associations, mairies, école, gouvernement, c’est toute la société qui a échoué, juge-t-il. Je me mets dedans. Qu’est-ce que nous n’avons pas fait pour que les messages de haine passent ? ».

 

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