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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 11:57

Par Julie Le Bolzer | 08/01/2013

De la cité ouvrière au Locapass, les aides des entreprises ont profondément évolué en un siècle. « L'entreprise a été progressivement éloignée de la question du logement par des acteurs professionnels », analyse Jules-Mathieu Meunier, doctorant à l'Institut d'urbanisme de Paris, auteur d'une thèse sur le 1% logement.

 

Jules-Mathieu Meunier, expert du 1% logement
Crédits photo : D. R.

Jules-Mathieu Meunier, doctorant à l'Institut d'urbanisme de Paris, auteur d'une thèse sur le 1% logement.

 

Comment l'entreprise en est venue à s'intéresser, puis à tourner le dos, au logement des salariés ?

 

« En France, la question du logement et de l’entreprise est née au milieu du XIXe siècle, avec l’avènement de la société industrielle et de la société salariale. A l'époque, l'intervention patronale dans le domaine du logement n'est pas généralisée à l’ensemble du pays : elle concerne certains secteurs d’activités (par exemple les industries fondées sur l’extraction des matières premières) et certains territoires (les villes, petites et moyennes, et les campagnes où les capacités en logement sont déficientes pour accueillir la main d’œuvre nécessaire à l’activité industrielle). Cette implication de l’entreprise dans le logement est aussi liée aux traits caractéristiques de certains patronats locaux emprunts de principes chrétiens qui estiment avoir un rôle à jouer dans l'aménagement des conditions de vie de leurs ouvriers. L'objectif de cette intervention « paternaliste » est triple. Il s'agit de mobiliser et de fixer la main d’œuvre dans les nouveaux bassins industriels ; de faire en sorte que les salariés soient efficaces à leur poste de travail en leur fournissant des conditions de vie propices à « la reproduction de la force de travail » ; d’abaisser la pression sur les salaires, donc d’œuvrer dans le cadre d’une pacification des rapports sociaux dans les entreprises.

 

 

Action Logement / 1% Logement
  • La participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC) est obligatoire depuis 1953. Elle concerne les entreprises de plus de 20 salariés depuis 2005. Les fonds de la PEEC sont collectés et investis par les Comités interprofessionnels du Logement (CIL). Depuis la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion de mars 2009, les utilisations de ces fonds sont définies par voie législative et réglementaire. Une part substantielle contribue au financement de la politique du logement.

 

Les employeurs n'interviennent plus dans le logement

Un siècle et demi plus tard, on observe que le lien entre le logement et l’entreprise s'est considérablement distendu. C'est le résultat de plusieurs évolutions concomitantes. Il y a d’abord une évolution idéologique, avec une perte de vitesse de la doctrine paternaliste dans les milieux patronaux. L’investissement de l’entreprise sur le logement est désormais conçu comme générant un coût supérieur aux avantages. Dans leur immense majorité, les employeurs ont abandonné toute intervention directe dans le secteur du logement : l’enjeu n’est plus tant de s’attacher les services des salariés, que de s’assurer une certaine flexibilité. La deuxième évolution est économique et territoriale. Le pays s’est urbanisé, l’économie s’est « métropolisée » : les grands bassins d’emploi sont également des bassins d’habitat en capacité d'accueillir les salariés. La troisième évolution est politique : c’est la mise en place par les pouvoirs publics d’une politique publique du logement à partir, essentiellement, de l’après-guerre. Ce sera ensuite une prise en charge par le marché, à travers la mobilisation par les ménages de leur épargne privée, la banalisation des circuits de financement de l’accession à la propriété. Progressivement l’employeur n’est donc plus identifié par les salariés comme l’interlocuteur en matière de logement, mais ce sera davantage le banquier, la mairie, la préfecture, l’organisme HLM, éventuellement le promoteur...

 

Action Logement, nouveau nom du 1% logement.
Crédits photo : Action Logement

 

Les ressources du 1% logement atteignent 3,6 milliards d'euros

Peu à peu, l’entreprise perd de vue la question du logement au profit d'acteurs professionnels dotés des compétences techniques nécessaires. Dans le monde du 1% logement, ce seront davantage les CIL qui seront les interlocuteurs des salariés, ou du moins qui fourniront les prestations aux salariés des entreprises, et non plus les directions des entreprises elles-mêmes (même si celles-ci s'attachent parfois à être identifiées comme étant à l'origine des aides délivrées aux salariés). Il est donc difficile de parler de politique sociale du logement de la part des entreprises indépendamment du 1% logement puisque l'essentiel de l’action des entreprises s'opère via ce dispositif (qui repose sur une contribution obligatoire versée par les entreprises).

Aujourd’hui, cette collecte annuelle représente une masse financière d'1 milliard 200 millions d’euros (auquel il faut ajouter les retours de prêts : en tout, les ressources du 1 % logement atteignent environ 3,6 milliards d'euros). Mais que verseraient les entreprises si elles étaient libres de verser ou non ? »

 

Fonctionnement du 1% logement (Action Logement)

 

 Voir video en cliquant sur le lien : http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/bien-etre-au-travail/entreprises-et-logement-du-paternalisme-au-1-3819.php

Écrit par Julie Le Bolzer

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