Un marché immobilier dérégulé, un "système devenu fou". La fondation Abbé Pierre à Marseille, par la voix de son responsable, Fathi Bouaroua continue de s’indigner du nombre de logements vacants à Marseille : près de 30.000. Cette donnée statistique est calculée sur la base des déclarations pour la taxe d’habitation.

Si l’on se fie à ce mode de calcul, il faut retirer les logements inhabitables ou encore ceux en location non déclarée. Le nombre exact de ces logements véritablement utilisables à la location serait plutôt de l’ordre de 24.000. Chiffre tout de même impressionnant et source de l’indignation du responsable de la fondation Abbé Pierre.

Les prix ont augmenté de 107% en 10 ans

La faute à "un fantasme collectif où l’on pousse les gens à croire qu’ils n’auront pas de retraite plus tard. L'immobilier est perçu comme unique moyen de subsistance pour ses vieux jours. Fatalement, les prix flambent : +107% en 10 ans à Marseille", s’alarme Fathi Bouaroua. Pour faire bouger les lignes et corriger cette distorsion, la taxe sur les logements vacants existe mais elle n’est vraisemblablement pas dissuasive.

Reste la question du foncier public. "Hélas, ils ne sont pas destinés à l’habitation et ils mettent trop de temps à être réadaptés. De plus certaines structures ou sociétés publiques comme La poste vendent souvent au privé. Si on régulait tout ça un service public du logement et une vraie maitrise foncière seraient possibles", plaide Fathi Bouaroua.