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Fier.e.s de travailler pour le service public du logement

 

 

27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 19:22
Expulsés pour la rentrée

 

 

À Villejuif, un couple et ses quatre enfants ont été brutalement expulsés, mardi matin. Alors que la mobilisation s’organise, le bailleur social Logirep et la préfecture refusent toute discussion.

  

« Notre vie a basculé du tout au tout », raconte Sonia Iafare. Mardi dernier, à neuf heures, des huissiers et des policiers viennent violemment l’expulser de son appartement de la cité des Hautes-Sorrières, à Villejuif. Elle vivait là depuis seize ans, avec ses quatre enfants. Sonia payait pourtant son loyer de 841 euros à son bailleur social, l’organisme Logirep, avec un surplus de 400 euros par mois. Comme de nombreuses personnes précaires, cette femme d’origine réunionnaise a connu la spirale infernale : problèmes familiaux, divorce, maladies… Avec un seul salaire de 1 600 euros, les dettes se sont accumulées, jusqu’à 20 000 euros. En 2006, elle monte un dossier de surendettement et frappe à toutes les portes pour demander de l’aide. Toujours refusée.

 

Promesse non tenue

Puis, Sonia retrouve un conjoint, Henri Ekwe-Elong. À deux, ils payent leur loyer et remontent doucement la pente. Les années noires semblent alors derrière eux. Mais, le 18 juillet, Sonia reçoit une lettre de la sous-préfecture qui autorise le recours à la force pour son expulsion prochaine. Pourtant éligible au Dalo, car sous la menace d’une expulsion, on lui refuse la priorité à un logement d’urgence. Lors d’une fête de quartier, elle se manifeste auprès de Martine Morange, présidente de l’amicale du quartier, qui prévient à son tour Michel Mittenaere, président de la Confédération nationale du logement pour le Val-de-Marne. Ils réussissent à obtenir de la sous-préfecture une promesse orale qu’il n’y aura pas d’exclusion. Promesse brutalement oubliée.

« Ça a été très dur, raconte Sonia. J’ai juste pu récupérer quelques affaires, dont, heureusement, celles pour la rentrée scolaire. Mais on n’a que des vêtements pour le soleil, rien pour la pluie. Je suis très en colère et surtout très angoissée. Mon petit de quatre ans me demande pourquoi on ne rentre pas à la maison. » Soraya, l’aînée, était au travail le matin de l’expulsion et a été prévenue par une amie. « Je n’ai plus ma chambre, plus mes affaires, plus rien. Je n’ai plus mon chez-moi. » Le couple s’inquiète surtout pour ses enfants, à une semaine de la rentrée : « Les gamins ne sont pas toujours gentils entre eux, je ne sais pas comment ça va se passer. J’ai peur qu’on leur fasse des remarques. »

 

La BAC contre les militants

La cité des Hautes-Sorrières s’est immédiatement mobilisée. Muriel et Thierry Coupat, voisins et amis, accueillent la famille. Jeudi, une trentaine de personnes se sont même déplacées au siège de la Logirep, à Vitry, pour demander une proposition de relogement. Après trois heures d’attente, M. Colpart, le directeur départemental, est enfin arrivé. Mais est resté arc-bouté sur la décision de justice, arguant qu’il ne pouvait pas retirer les scellés de l’appartement. Jeudi soir, l’homme n’a toutefois pas hésité à appeler la BAC pour faire évacuer les militants de force. Résultat : un nez fracturé pour Michel Mittenaere. « C’est une famille qui arrive à remonter sur la bicyclette, et au moment où elle commence à pédaler, on la fait culbuter, se désole Pierre Garzon, secrétaire de la section de Villejuif du Parti communiste. Il faut trouver une solution acceptable car la famille veut payer. Mais pour le moment, il n’y a absolument aucun dialogue. » En effet, ni la famille ni les assistantes sociales n’ont réussi à contacter la Logirep pendant ces deux années de galère.

 

"Ce sont des pratiques infâmes !"

La mobilisation citoyenne, elle, ne fait que commencer : vendredi soir, une centaine de personnes s’étaient rassemblées pour reloger la famille dans un local de la résidence réservé à la vie associative. Mais Sonia et Henri espèrent pouvoir réintégrer leur appartement. « Il s’agit d’un dossier classique, explique Pierre Garzon. Les victimes d’expulsion ne sont pas forcément les plus déclassées socialement, cela touche aussi les nouveaux chômeurs et les précaires. » « Derrière ce cas, qui a beaucoup ému et mobilisé les voisins, il y a une question très politique, celle du logement social », relève Raba Bahloul, adjoint au maire de Villejuif. Ce que note aussi le vice-président du conseil général, Laurent Garnier, qui dénonce « des méthodes barbares, qui ne font qu’enfoncer les gens ». « Ce sont des pratiques infâmes ! » tonne aussi la maire (PCF) de Villejuif, Claudine Cordillot, qui regrette que « l’engrenage s’emballe trop vite » pour les plus démunis. À un mois et demi de la trêve hivernale des expulsions, les recours à la force se multiplient. Dure rentrée pour les plus faibles.

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En débat à l’Agora de la fête de l'Humanité

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Mobilisée à Villejuif, la Confédération nationale du logement (CNL) avait déjà dénoncé, la semaine dernière, les conséquences 
du plan d’austérité gouvernemental. Pour l’association, 
les nouvelles taxes sur les produits de consommation 
ou les assurances ne feront qu’« aggraver les inégalités sociales » et diminuer le pouvoir d’achat des plus modestes. 
La CNL réclame au contraire un gel des loyers, l’arrêt 
des expulsions, la construction annuelle de 180 000 logements locatifs et la création d’un service public national du logement. Autant de propositions qui seront discutées lors du débat 
organisé par la Fondation Abbé-Pierre à la Fête de l’Humanité, samedi 17 septembre, à 14 h 30 (espace Agora).

 

Humanité

Christelle Pire

 

 

Communiqueé de la CNL

Hier, jeudi 25 août, une délégation de militants CNL, de maire-adjoints, de militants de diverses associations et partis politiques, des voisins, des amis, des citoyens sont allés au siège de la direction LOGIREP de Vitry-sur-Seine pour protester contre l’expulsion mardi dernier de Sonia, de son compagnon Henri et de leurs quatre enfants du logement qu’ils occupent depuis près de seize ans.

Leur crime : « divers accidents de la vie » qui ont vu s’accumuler des retards de loyers. Le ménage était en train de combler ces retards en plus des quittances courantes toujours couvertes. Les loyers ont augmenté à la LOGIREP de plus de 33 % ces dix dernières années. Ce qui n’a pas été le cas des revenus des ménages comme celui de Sonia.

Un directeur de la société LOGIREP, organisme du logement social, dépêché sur place est arrivé les mains vides de propositions pour reloger la famille et relancer le processus de concertation sociale. Aux propositions de négociation des responsables de la fédération CNL et de l’adjoint au maire de Villejuif présent, Rabah Bahloul, qui permettraient de remettre la famille dans ses meubles et avec toutes leurs affaires (à 8 jours de la rentrée), la seule réponse de la direction de la LOGIREP a été l’expulsion de la délégation manu militari par les forces de l’ordre.

Expulsion avec violence, comme l’avait été l’expulsion de la famille dont les affaires personnelles ont été jetées dans des cartons dès mardi matin.

Des militants ont été molestés violemment, le président de la fédération CNL du Val de Marne a été transporté aux urgences de l’hôpital du Kremlin Bicêtre le nez fracturé. Une plainte sera déposée.

Voilà la façon dont sont traitées les difficultés des familles aujourd’hui dans notre pays et comment sont appréciés ceux qui à leurs côtés relèvent la tête.

C’est inadmissible ! C’est d’autant plus inadmissible que le Droit Au Logement Opposable avait été refusé à cette famille qui entrait et entre complètement dans les critères et ceci au moment où se met en place la CCAPEX (Commission de Coordination des Action de Prévention des EXpulsions) par la préfecture. C’est complètement contradictoire, d’un côté on laisse croire à tous que des solutions vont être trouvées, de l’autre et dans le même temps, on jette à la rue hommes, femmes et enfants manu militari. Quelle violence, et une violence d’Etat, quel message !

Les communiqués de protestation et de solidarité affluent auprès de nos amis, de la LOGIREP et du préfet qui accorde le concours de la force publique, des journaux. Le président du Conseil Général, Christian Favier, le maire de Villejuif et de Vitry sur Seine, des élus communistes ont fait part de leur émotion et désapprobation, de la condamnation de ces actes.

Un rassemblement de protestation, pour réclamer le relogement de Sonia et de sa famille et l’arrêt des expulsions locatives a lieu ce soir, vendredi 26 août à 18 h 30, allée des Hautes Sorrières (rue de Gentilly) à Villejuif.

Il est temps de bloquer les loyers, il est temps de construire des logements sociaux pour répondre aux besoins des 53.000 familles val de marnaises.

Il est temps de réclamer une toute autre politique du logement, celle qui met réellement en avant les besoins des familles et pas le profit des spéculateurs qui profitent des mannes gouvernementales.

 

La fédération CNL du Val de Marne.

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